L’identité. Un conflit permanent entre valeurs individuelles et collectives.

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Cet article est la suite de l’article de la semaine passée sur la connaissance de soi qui aboutit, finalement, au travail sur son identité. Qui suis-je vraiment ? Ça c’est l’aspect objectif de l’identité. Et il y a aussi la perception que j’ai de mon identité, ça c’est l’aspect subjectif. Mais finalement l’identité, c’est quoi ? Vous allez me dire, c’est déjà mon prénom et mon nom. Oui mais pas que. Nous allons commencer par cet excellent exemple qui démontre ce conflit entre valeurs individuelles et collectives dans ce couple « Prénom/Nom de famille » qui peut affecter sa « construction identitaire » (suivant la culture, « affecter » oui !) c’est à dire la manière dont s’est construite son identité. C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

Même avant d’être né, voire même conçu, on m’a déjà collé une étiquette. « Lorsque j’aurais une fille, je l’appellerai – par exemple – Marion et elle portera mon nom. » Ça y est, avant même d’être conçu et d’exister, on m’a collé une étiquette, j’ai une identité. Bizarre non ? Alors que l’identité, ça se construit par ce qu’on appelle « la construction identitaire. » Commençons par décrire l’identité puis comment elle se construit par la construction identitaire.

L’identité, c’est ce qui caractérise une personne. Et ce qui caractérise une personne, c’est ce qui la différentie des autres et en même temps ce qui l’assimile à un groupe de personne. Je m’explique. Prenez votre prénom et votre nom, la base de votre « identité légale. » Votre prénom vous différentie des autres membres de votre famille, il vous est propre. Et votre famille constitue votre appartenance à un collectif. Votre identité légale est à la fois une référence à l’individuel, votre prénom, et au collectif auquel vous appartenez, votre nom.

Sauf dans les cultures, où la couture veut qu’on prénomme le premier fils de la fratrie par le prénom du père ou du grand père. Pour quelles raisons ? Peut-être que, dans ce type de culture, le collectif est-il prépondérant à l’individuel ? Une sorte de poids moral sur le fils ainé provenant d’un système de valeurs collectives qui doit peser sur l’individu. L’assimilation d’un individu à un groupe vise à le noyer dans la masse comme pour gommer ce qui le différentie. Il a le prénom ET le nom du père ou du grand père. Il en résulte une éducation qui vise à inculquer des comportements devant se conformer à une norme, la norme en conformité au nom de famille. Et dans le domaine d’une norme, il n’y a que des interdits à la manière des commandements des religions. Lorsque le poids du collectif est alors trop pesant, nait alors une crise existentielle issue d’un besoin d’émancipation, un besoin de rechercher ce qui va nous différencier du collectif pesant, nous extraire plutôt, voire renier le poids du collectif. Suivant le poids culturel, l’individu va ou non pouvoir briser, plus ou moins, les interdits pour être enfin lui-même, en quête d’une nouvelle identité, celle qu’il souhaite se construire lui-même, sur la base de valeurs individuelles. Cela peut constituer un conflit intérieur permanent entre valeurs individuelles et collectives, comme je l’indiquais dans le titre de l’article.

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L’identité, c’est ce qui singularise l’individu, ce qui lui est spécifique et intérieur. Par exemple, son profil de personnalité issu de sa propre expérience, de son vécu, qui ancre ses propres valeurs et ses motivations profondes, c’est à dire ce qui est important pour lui. La construction identitaire commence très jeune. Vers l’âge de 2-3 ans, l’enfant commence à prendre conscience qu’il est un individu à part entière, vis à vis des autres en commençant par ses parents et ses éventuels frères et soeurs. Il se confronte alors à lui-même et au collectif qu’il côtoie, sa famille. C’est la première confrontation avec les valeurs individuelles et collectives. Il nait ainsi un besoin individuel d’être aimé du collectif protecteur. Il en résulte une motivation profonde individuelle et sa propre manière de se comporter face aux événements dans le collectif.

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Son profil de personnalité se fige sur sa propre vision du monde qui l’entoure vers l’âge de raison, vers 7 ans, tout en continuant à évoluer au fil de son expérience vécue. Sa construction identitaire a ancré des motivations profondes qui vont donc guider ses comportements tout au long de sa vie. Ce ne sont pas les comportements qui sont caractéristiques de l’identité, ce sont les motivations profondes issues de la vision du monde que l’on s’est constituée. Ce point est capital à comprendre.

La définition d’un comportement, c’est « un ensemble de réactions objectivement observables. » Deux personnes, de construction identitaire différente, peuvent très bien avoir des comportements identiques, mais pas pour la même motivation profonde. Exemple, un enfant écoutera ce que dit ses parents pour soit être conforme à la règle fixée, soit pour leur faire plaisir, soit pour briller, soit pour être différent de ses frères et soeurs etc. Je viens de vous décrire 4 des 9 profils de personnalités de l’ennéagramme, un outil de connaissance de soi. Leur point commun, c’est d’être aimé des autres, par des motivations profondes différentes et avec des comportement qui peuvent être analogues ou pas.

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Tout cela fait de lui, un individu unique qui va évidemment essayer de se différentier du groupe dans lequel l’éducation a tenté de l’enfermer. Cependant, l’homo sapiens se différentie du règne animal par son caractère social. Il a besoin de s’identifier à un collectif qui constitue une sorte de protection, contre le monde et ses dangers. Sa tribu, sa famille, son entreprise, son syndicat, son parti politique, son pays, sa religion, son club sportif etc. avec chacun ses systèmes de valeurs collectives. Après une émancipation individuelle qui a conduit à des échecs et donc une crise existentielle, on cherche à réintégrer un collectif protecteur pour garantir sa sécurité. Puis lorsque le collectif est trop pesant, l’individu aspire à revenir à des valeurs individuelles. Et ainsi de suite… Et parfois « en même temps » d’où ce conflit permanent entre valeurs individuelles et collectives parce que contradictoires et à la fois vitales parce qu’elles contribuent à sa propre construction !

Cette alternance et même « le en même temps » des valeurs individuelles et collectives, est une donnée fondamentale de l’évolution de l’homo sapiens depuis 200 000 ans. C’est aussi une donnée fondamentale de l’évolution de l’être humain de sa naissance à sa mort. C’est ce que démontre le concept de la Spirale dynamique de Clare Graves et explique les crises qui permettent de passer successivement à des niveaux d’existence qui alternent un système de valeurs individuelles puis un système de valeurs collectives et ainsi de suite. L’identité de l’individu évolue au gré de ces mêmes changements de systèmes de valeurs individuelles puis collectives et dans le même ordre par lesquels l’homo sapiens est passé depuis 200 000 ans. Autrement dit, de votre naissance à l’âge adulte vous revivez exactement les mêmes crises existentielles et passez par les mêmes niveaux d’existence que ce que l’homo sapiens a vécu, mais en accéléré. En voyez-vous l’intérêt majeur ? Si vous connaissez l’enchaînement de ces niveaux d’existence vous pouvez repérer le niveau d’existence dans lequel est aujourd’hui votre enfant avec son système de valeurs individuelles ou collectives et surtout vers quel niveau d’existence il va basculer après une crise existentielle. Comme par exemple la crise de l’adolescence ! Et ainsi l’accompagner dans sa construction identitaire pour gérer au mieux le conflit intérieur entre valeurs individuelles et collectives. Lire ou relire mon article sur le sujet.

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Si vous avez du mal à trouver votre place dans votre collectif et trouver votre véritable identité, le coaching est adapté. Si vous accompagnez vos enfants, vos collaborateurs dans une entreprises et que vous devez accompagner ces conflits intérieurs entre valeurs individuelles et collectives, le coaching est adapté. Contactez-moi.

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