La peur, en quoi cette émotion est bénéfique ?

Photo de samer daboul sur Pexels.com

Plutôt qu’agir, la peur paralyse, oui. Plutôt que de faire face, la peur fait fuir, oui. Plutôt qu’entreprendre, la peur nous cantonne dans notre zone de confort, oui. On en arrive à avoir « peur de tout » comme la chanson de Patricia Kaas, « quand tous tes blues ont sali ta raison ! » Dans ces conditions, difficile de raisonner ! En effet !

La peur est une des 4 émotions de base. Nous venons de le voir, elle est la cause de bien des difficultés dans notre vie. Ces difficultés peuvent même s’amplifier au fur et à mesure où on avance, c’est « normal » ! Mais, elle est bénéfique. Oui oui ! La peur est bénéfique ! « Normale » et « bénéfique » la peur ? C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

L’idée de cet article m’est venue lorsque j’ai écouté une ancienne interview du regretté Jean-Paul Belmondo qui vient de nous quitter. Il disait avoir peur avant la réalisation de ses cascades dangereuses. Il y avait de quoi ! Mais au moment de se lancer, il n’avait plus peur. Alors … comment ça marche, la peur ?

La peur a une graduation, de la simple « appréhension » jusqu’à la « phobie » en passant par la crainte, la hantise et la peur panique. La peur s’exprime à la perception d’un danger. C’est bien « une perception » chaque individu ne gradue pas le danger au même niveau. Notre cerveau étant en priorité programmé pour garantir notre instinct de survie, la peur nous permet de nous protéger d’un danger. Regardez un enfant. Il n’a pas peur, parce que pas « conscient du danger. » La peur est un apprentissage. Au fur et à mesure où on prend conscience des dangers et des risques de se faire mal, physiquement ou mentalement, la peur grandit, inexorablement. Il est donc « normal » que, plus on avance, plus on entreprend, plus on prend conscience des différents dangers et « naturellement » les peurs s’accumulent.

C’est déjà un point bénéfique. Avec le retour d’expérience, la peur nous évite de se lancer tête baissée de manière à sécuriser les parades aux dangers et ainsi réduire l’occurrence du risque et / ou la gravité des conséquences d’un « échec. » Ou plutôt d’une « tentative infructueuse ! » C’est bien en se préparant avant de se lancer ou en temporisant l’action de manière à mieux se préparer qu’on limite le risque. Ou finalement, on ne se lance pas du tout, parce que l’analyse de risque conduit à un déséquilibre risque « probabilité d’échec / probabilité de réussite » trop grand au profit de l’échec.

Quelle est la stratégie d’accompagnement de quelqu’un qui a « peur de » ? En résumé, « la VER-BA-LI-SA-TION » , il faut sortir ce qui est en dedans !

A froid, commençons par lui faire exprimer la ou les causes de sa peur. Les causes de la peur sont multiples. Quelques exemples.

  • La peur qui provient d’une croyance. Cette croyance trouve son origine dans le passé, dans le vécu et les expériences, le plus souvent malheureuses. La peur des chiens, par exemple, parce qu’un chien vous a mordu et donc « tous » les chiens sont méchants. Notez bien le mot « tous » c’est relatif à « une généralisation » toujours excessive, c’est donc bien une croyance. « Vous êtes sûr ? ‘Tous’ les chiens sont méchants ? » Pour déconstruire une croyance, il convient de la déstabiliser, par plusieurs types de raisonnement, comme le raisonnement par l’absurde, ou par les faits démontrés. « Si tu ne peux les convaincre, sème le doute dans leur esprit » disait Harry Truman.
  • La peur de ne pas être à la hauteur. Il y a 2 causes possibles. Soit l’image de soi, « un bon à rien » soit « ne pas se sentir capable de. »
    • Une mauvaise image de soi bloque l’action, même si on en a les capacités. C’est une autocensure qui provient assurément du passé, une blessure de l’enfance ou les accidents de la vie. S’évaluer comme « un bon à rien » est une croyance, limitante au demeurant. On en revient au cas précédent. « Vous ne savez rien faire du tout ? Vraiment ? Vous n’avez jamais rien fait de bien dans votre vie ? Vous êtes sûr ? » Coachs, nous avons des stratégies pour favoriser cette déconstruction qui débloque l’autocensure.
    • « Ne pas se sentir capable de«  c’est une question de capacités et de compétences, ce qui donne « la confiance en soi. » Ça c’est simple ! Une capacité et une compétence, ça s’acquière, ce n’est qu’une question de temps et d’énergie.
  • La peur du regard des autres ou plutôt l’interprétation que l’on fait du regard des autres. Le regard des autres est aussi « une perception. » Cette peur trouve sa son origine sur « l’estime de soi » c’est à dire à « la valeur qu’on s’attribue » qui provient de la construction identitaire.

Sur ce dernier point relatif à la construction identitaire, je vais énumérer les 9 peurs relatives aux 9 profils de personnalité de l’ennéagramme, ce fabuleux outil de connaissance de soi.

Profil 1, le perfectionniste : La peur de la colère des autres à cause des erreurs que je pourrais faire, parce que c’est en étant exemplaire que je pense être aimé des autres.

Profil 2, l’altruiste : La peur de reconnaître mes propres besoins et d’oublier d’être à l’écoute des besoins des autres, parce que c’est l’amour des autres que je recherche en contre partie.

Profils 3, le battant : La peur de l’échec, parce que je pense que c’est en brillant que je serai aimé des autres.

Profil 4, l’artiste : La peur de la banalité, parce que c’est en étant original, différent des autres, que je pense être aimé des autres.

Profil 5, l’observateur : La peur du vide intérieur, que je compense en prenant de la distance et en engrangeant la connaissance du monde pour se présenter aux autres comme un expert.

Profil 6, le loyal : La peur de la déviance d’un membre du groupe dans lequel je fonde de grands espoirs pour combattre tous les dangers du monde.

Profil 7, l’épicurien : La peur de la souffrance par manque de jouissance, parce que c’est en jouissant de la vie que je pense montrer aux autres une bonne image de moi.

Profil 8, le leader : La peur de la faiblesse, parce que c’est dans ma puissance et ma force que je pense inspirer et être aimer des autres.

Profil 9, le médiateur : La peur du conflit qui pour moi est un échec à l’harmonisation que je tente de créer autour de moi.

La prise de conscience des peurs intrinsèques à son profil de personnalité permet de comprendre ses motivations profondes et donc ses comportements automatiques, non conscients. L’introspection permet la reprise en main de ses peurs chroniques et c’est bénéfique pour entreprendre.

A force de parler de ses peurs, on perçoit chez le coaché un détachement entre lui et ses peurs. Une prise de recul bénéfique.

Après avoir fait verbaliser les causes de la peur et après avoir déterminé les parades à mettre en place pour sécuriser la réussite visée, il y a une autre peur sur laquelle je travaille auprès de mes clients. A savoir, la peur de manquer d’un besoin vital. Lorsque le coaché hésite encore à se lancer, il convient de travailler les effets bénéfiques qui résulteront de l’atteinte de l’objectif. S’il hésite encore, il ne pourra pas atteindre son objectif. De fait, il ne pourra pas jouir de ses effets positifs résultants. Nait alors la peur de ne pas satisfaire un besoin vital. C’est une peur bénéfique dans le sens où elle est de nature à faire naître la motivation à « satisfaire un besoin vital. » Le cerveau est programmé pour cela. En pareil cas, le cerveau libère un neurotransmetteur, la dopamine, qui est un puissant dopant naturel de notre cerveau, pour aller chercher la satisfaction de ce besoin vital. Non consciemment, ce neurotransmetteur nous aide à être créatif et à nous libérer de la peur, naturellement. Je vous invite à lire ou relire mon article sur les neurotransmetteurs.

Si vous avez des peurs qui vous bloquent et que vous souhaitez les dépasser pour satisfaire vos besoins vitaux, faîtes appel à un professionnel de l’accompagnement. Contactez-moi.

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