Les neurotransmetteurs, une des clés de votre développement personnel

Soyez-en sûr, nous avons tous le même cerveau ! Si vous pensez le contraire, vous adhérez alors aux nombreux neuro-mythes comme celui selon lequel « nous perdrions des neurones après 25 ans », raison pour laquelle les enfants apprendraient mieux que les adultes. C’est faux, archi faux, la raison est ailleurs. Depuis les années 2000, les neuroscientifiques ont prouvé que la neurogénèse, l’ensemble du processus de formation d’un neurone, existe à tous les âges. En dehors de maladies dégénératives, ils ont découvert que tout au long de la vie 700 neurones naissent par jour dans l’hippocampe et le striatum, une zone impliquée dans l’apprentissage. Les neurosciences nous permettent aujourd’hui de mieux comprendre notre cerveau. Nous avons tous une Ferrari à la place du cerveau et il y a des chevaux sous le capot ! Néanmoins, si vous lui mettez de l’essence de mauvaise qualité, vous n’irez pas loin. Pire, vous pouvez casser le moteur ! L’essence pour la Ferrari, ce sont « les neurotransmetteurs » pour votre cerveau, des substances biochimiques que nous allons définir dans cet article. A quoi servent les neurotransmetteurs dans mon développement personnel ? C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

Photo de David Cassolato sur Pexels.com

Cet article a comme intention de vous faire prendre conscience qu’avant d’être des êtres psychologiques, nous sommes des êtres biochimiques. Autrement dit, notre biochimie* interne va conditionner notre état psychologique. Les neurotransmetteurs régulent nos fonctions comportementales. Il existe un lien direct entre le taux des neurotransmetteurs dans le cerveau et nos comportements. 

Biochimie* : l’étude des réactions chimiques qui se déroulent au sein des êtres vivants.

Si nous manquons de ces substances biochimiques dans notre cerveau, ou qu’elles sont déséquilibrées, il sera difficile d’être dans des conditions psychologiques favorables pour être efficace dans ce que nous entreprenons et nous apprenons. Et si je poursuis le raisonnement, même avec le meilleur accompagnant du monde, il vous sera difficile d’atteindre vos objectifs sans être aidé par la biochimie de votre cerveau. Ce point est essentiel dans votre accompagnement. Vous allez comprendre quels sont les mécanismes internes qui résistent à votre volonté d’entreprendre, d’apprendre, d’atteindre vos objectifs. Il convient alors de mener, en même temps, un accompagnement sur le corps et l’esprit.

Je vous propose le plan suivant.

  1. Définir ce que sont les neurotransmetteurs et identifier les 4 principaux qui ont un lien direct avec le développement personnel
  2. Préciser leur rôle dans le domaine du comportement
  3. Voir comment la biochimie du cerveau peut aider le développement personnel.

Les neurotransmetteurs, c’est quoi ?

Commençons par définir ce que sont les neurotransmetteurs. A la différence des hormones qui sont sécrétés par des glandes et agissent sur le corps, les neurotransmetteurs sont des substances chimiques sécrétés par le cerveau pour agir sur lui-même. Ce sont des messagers chimiques qui transmettent la communication entre les neurones. Pour faire simple, ils améliorent le transfert des informations d’un neurone à l’autre.

Il y a plus de 60 types de neurotransmetteurs. Je ne citerai que les 3 grandes familles et 4  neurotransmetteurs majeurs, pour les comportements et donc dans le développement personnel.

  • Les neurotransmetteurs de l’action dont l’un des 3 principaux est la dopamine. Ils transmettent l’influx nerveux entre neurones. C’est votre potentiel d’action.
  • Les neurotransmetteurs de l’inhibition, comme la sérotonine et le GABA. Ils régulent l’activité neuronale. Ils assurent l’équilibre entre excitation et inhibition des circuits neuronaux pour un fonctionnement harmonieux du système nerveux.
  • Les neurotransmetteurs périphériques, comme l’acétylcholine. Leur fonction principale est de fluidifier la circulation de l’information entre les organes et le système nerveux central.

Quel est le rôle de ces 4 neurotransmetteurs dans le comportement ?

La dopamine. C’est Le neurotransmetteur de la motivation par la recherche du plaisir et de la jouissance. Il est activé par le circuit de la récompense qui s’active dans le cerveau comme suit. Vous avez en projet un objectif qui, lorsqu’il sera atteint, vous procurera la jouissance et un ressenti agréable. Eh bien vous allez provoquer la sécrétion naturelle de dopamine dans votre cerveau. Comme un accroc au chocolat qui va chercher la tablette dans le frigo, comme le toxicomane qui va chercher sa dose, comme avant l’acte sexuel, la dopamine vous aide à agir à la recherche de jouissance. Tous les produits qui déclenchent une dépendance, drogue, tabac, café, agissent sur le circuit de récompense pour obtenir une sensation de plaisir intense. Lorsqu’arrive la jouissance, le sentiment de frisson est caractéristique de la libération massive de dopamine. C’est un dopant naturel. La recherche de jouissance est un dopant naturel ! C’est notamment pour cela qu’on apprend mieux par le jeu qui procure du plaisir. On est plus motivé à apprendre. Par l’amélioration de la communication entre neurones, le raisonnement se clarifie, des solutions apparaissent. Vos initiatives augmentent comme la prise de risque en inhibant vos peurs, pour obtenir le plaisir. Jusqu’à des prises de risques inconsidérées, quitte à braver les interdits, pour jouir de la vie. Pour ne pas arriver à ces extrémités, il faut un frein, la sérotonine. J’y viens.

La sérotonine. C’est le neurotransmetteur de l’humeur, du bien-être et du bonheur (avec ses limites). La dopamine est le starter, la sérotonine est le frein. La nature est bien faite ! La sérotonine est un antidépresseur naturel. Il tempère les effets de la dopamine, le neurotransmetteur de la motivation avec la prise de risque associée, que nous avons vu plus haut. La dopamine est le neurotransmetteur de la recherche du plaisir à tout prix. La sérotonine est le neurotransmetteur de la recherche contrôlée du plaisir. Elle régule les pulsions et les désirs. L’équilibre sérotonine / dopamine permet la stabilité de l’humeur et la capacité d’initiative raisonnée. La sérotonine crée un terrain favorable aux comportements prudents, réfléchis et calmes et participe à la sensation de plénitude et de contentement. 95% de la sérotonine sont fabriqués dans ce qu’on appelle le second cerveau, le ventre, qui contient 200 millions de neurones, équivalent au cerveau d’un chien, ce n’est pas rien ! Les deux cerveaux, celui de la tête et du ventre, communiquent leurs informations.

Le GABA qui vient de l’anglais Gamma-AminoButyric Acid. C’est le principal neurotransmetteur inhibiteur des autres neurotransmetteurs. C’est le self-control. C’est un anxiolytique naturel. Grâce à son effet inhibiteur des autres neurotransmetteurs excitants et donc calmant sur les synapses du cerveau, il empêche les signaux de stress d’atteindre les centres moteurs du cerveau. Son effet calmant est crucial dans le processus d’endormissement. Pour que la mélatonine et la sérotonine puissent faire leur office pour s’endormir, le GABA prépare le corps et l’esprit en ralentissant le rythme cardiaque et en limitant l’activité cérébrale. Il stimule la détente, la relaxation mentale et physique. Il améliore ainsi la sérénité pour une bonne qualité du sommeil. Dans l’hippocampe, l’aire du cerveau essentielle à la mémorisation, les neurones à GABA aident à maîtriser les « idées noires », la rumination de pensées négatives et de souvenirs traumatisants. C’est le neurotransmetteur du lâcher-prise. Le fameux lâcher-prise qui est souvent évoqué dans un processus de coaching.

L’acétylcholine. C’est le neurotransmetteur de l’apprentissage et de la mémoire. C’est un messager entre les neurones qui facilite la communication entre eux. Il facilite l’attention et la concentration donc l’apprentissage. En retenant l’information, en la stockant et en permettant de la retrouver le moment venu, l’acétylcholine optimise la mémoire. Même s’il n’y a pas d’âge à la neurogénèse, l’organisme en fabrique moins avec l’âge, ce qui explique les troubles de la mémoire.

Nous avons tous un neurotransmetteur dominant.

  • Ceux qui ont la dopamine dominante ont une tendance comportementale à la découverte et un profil d’explorateur avec un besoin de sensations fortes immédiates dans la nouveauté. Mais cette tendance bénéfique à la motivation peut avoir ses limites avec des prises de risques excessives et donc des comportements à risques.
  • Ceux qui ont la sérotonine dominante ont une tendance comportementale à la joie de vivre, à la prudence en évitant les conflits. Mais cette tendance bénéfique peut avoir ses limites avec un excès de prudence.
  • Ceux qui ont le GABA dominant ont une tendance à la réflexion, au calme et au self-control, avec à l’excès, de la nonchalance.
  • Ceux qui ont l’acétylcholine dominant ont une tendance à la créativité et au rêve, avec à l’excès une difficulté à être pragmatique.

Nous pouvons aussi avoir des carences dans certains neurotransmetteurs.

  • La carence en dopamine : Le sujet manque de motivation voire souffre de dépression, manque de plaisir, des difficultés à se lever le matin, un comportement addictif, pour obtenir le plaisir. Les drogues augmentent l’activité de la dopamine, ce qui explique l’effet addictif.
  • La carence en sérotonine : Le sujet est facilement irritable, agressif, impulsif, déprimé avec des réveils nocturnes. Il peut se produire aussi des prises alimentaires compulsives. Le stress favorise le déficit en sérotonine. On peut être facilement alerté d’une carence en sérotonine, car naturellement le corps va provoquer un besoin de substances sucrées. L’augmentation de sucre dans le sang provoque une meilleure assimilation du précurseur de la sérotonine vers les neurones du cerveau ce qui provoque naturellement son augmentation.
  • La carence en GABA : Le sujet a des difficultés à se détendre, à s’endormir, muscles contractés, manque de contrôle, passage d’une émotion à l’autre, tendance anxiogène et peur chronique.
  • La carence en acétylcholine : Le sujet a une tendance à l’apathie, au repli sur soi

Comment la biochimie du cerveau peut aider le développement personnel ?

Vous l’aurez compris, notre biochimie peut être à la fois notre meilleure alliée lorsqu’on sait s’en servir, comme elle peut être bloquante lorsque le déséquilibre entre ces neurotransmetteurs s’installe de manière durable. Alors comment faire pour utiliser notre biochimie du cerveau ?

Photo de Gustavo Fring sur Pexels.com

L’analyse du comportement, avec trop de starter ou avec un manque de boost, permet de repérer le neurotransmetteur qui en est à l’origine. Le docteur Eric Braverman a développé un questionnaire qui, au travers de questions ciblées, permet de déterminer les éventuelles carences des 4 principaux neurotransmetteurs dopamine, sérotonine, GABA, acétylcholine. Vous trouverez ce test dans son livre « un cerveau à 100%. » Durant leur préparation mentale, les sportifs de haut niveau sont suivis périodiquement grâce à des analyses médicales, plus précisément, des bilans des taux de neurotransmetteurs à des heures précises de la journée pour déterminer les carences et excès. Ces analyses complètent le suivi de leur état d’esprit. Autrement dit, une baisse de motivation, des doutes dans ses capacités, la peur des performances d’un adversaire etc. sont expliqués soit par des carences en neurotransmetteurs soit par un déséquilibre. 

Photo de Trang Doan sur Pexels.com

Une fois avoir identifié ce qui peut être la cause d’un comportement récurrent, comment définir un protocole de rééquilibrage des neurotransmetteurs ? C’est là où s’arrête le travail du coach professionnel certifié et où commence celui d’un professionnel de la santé qui définit un traitement adapté à la santé physique d’un individu qui a un impact sur sa santé psychologique. Chacun son métier. Le travail de concert entre les 2 professionnels au service de celle ou celui qui cherche à atteindre son objectif, quel qu’il soit, est une garantie de succès. Le rééquilibrage des neurotransmetteurs peut être entrepris soit par des compléments alimentaires soit par des aliments riches en substances qui favorisent la synthèse des neurotransmetteurs. Un nutritionniste est la personne à contacter dans ce cas.

Si vous ressentez le besoin d’être accompagné sur le corps et l’esprit, contactez-moi. De concert avec un professionnel de la nutrition, un coach doit pouvoir vous aider à atteindre vos objectifs, quels qu’ils soient.

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