L’agilité du coach, c’est quoi ? Quel intérêt pour le coaché ?

J’ai récemment animé un atelier de professionnalisation de l’association EMCC* pour les coachs professionnels sur le thème de « l’agilité du coach. » (EMCC* association européenne de coaching) Cet atelier réflexif avait comme intention d’amener les coachs à réinterroger leur pratique sur ce qu’est ou devrait être l’agilité en coaching et comment elle se traduit dans les faits. Comprenons-nous bien, il s’agit de « la capacité d’agilité du coach » dont il est question et non d’un « coach agile » qui est un métier à part entière cumulant plusieurs compétences dans l’accompagnant du changement des entreprises, coach, mentor, formateur, facilitateur pour amener les équipes de travail à évoluer de manière « agile.« 

Photo de Engin Akyurt sur Pexels.com

Sans dévoiler le contenu de cet atelier bien sûr, je me suis mis en réflexion de trouver une définition, MA définition de la capacité d’agilité du coach. Alors je vais vous la livrer, à vous les coachs, pour en débattre. Peut-être avez-vous une autre approche de l’agilité. Je vous invite alors à commenter, partager votre approche. A vous aussi, clients du coaching, je vous la livre de manière à comprendre la profondeur du coaching et ce qu’il vous apporte. Parce que, pour moi, le coach influence son client. Oui ! Je dis bien, dans ce domaine, le coach influence son client. En faisant preuve d’agilité, le coach influence son client à développer cette capacité au bénéfice de son autonomie. C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

Cette image ci-dessus, avec le coach à droite, incarne pour moi ce qu’apporte la réinterrogation permanente du coach, notamment « en situation » avec sa coachée à gauche. Se regarder agir en agissant, prendre de la hauteur en situation, c’est faire preuve d’agilité. Oui mais comment y parvenir ? C’est par entraînement à froid, hors situation, qu’on favorise la création de schèmes(*) de pensées et de raisonnements utilisables à chaud, plus tard en situation. Je viens de vous résumer succinctement (!) le concept de « la pratique réflexive » de Donald Schön, mais c’est un autre sujet. Certains parlent de position dite « méta » c’est à dire « se regarder pratiquer en se détachant de la situation et de soi. » Mais le concept de « la pratique réflexive » va beaucoup plus loin que la simple intention de prendre du recul. On developpe une méta competence par la réflexion « sur » sa pratique au service de la réflexion « dans » sa pratique. Lire ou relire mon article sur la pratique réflexive.

  • Schèmes(*) : C’est un squelette de savoir-faire adaptable à un grand nombre de situations.

Alors … pour les coachs … bon entraînement pour acquérir ces schèmes !

Commençons avec cette notion de « capacité d’agilité. » Quand on parle d’agilité, on imagine la souplesse, la légèreté, la rapidité, l’aisance de mouvement et d’action, la vivacité de réaction physique mais aussi intellectuelle, la réactivité face à un événement ou une situation et la facilité d’adaptation qui en découle. Tout le contraire de la « rigidité » donc ! Les coachs, il ne vous est jamais arrivé en séance de coaching d’être bloqué par la situation ? Comme figé, agrippé à un outil qu’on maîtrise mais qui manifestement ne provoque rien chez le coaché ? En panne de questionnement ? En recherchant désespérément « un outil » sur lequel s’agripper à nouveau ?

Alors en coaching, l’agilité, ça se traduit comment ? Voici MA définition de l’agilité qui n’est pas LA vérité vraie, mais qui est ma conception de ce qu’est POUR MOI l’agilité. C’est en tout cas, c’est ma boussole pour tendre ma pratique vers ce cap.

L’agilité, c’est (pour moi) :

– un état d’esprit qui place le client au centre de mon attention,

– en capacité permanente de s’adapter en situation et en souplesse à ses attentes qui changent,

– dans une démarche expérientielle, « teste & apprends de tes succès et de tes erreurs »,

– en sachant lâcher prise pour un pragmatisme opérationnel au service de mon client.

Un état d’esprit qui place le client au centre de mon attention.

C’est donc un état d’esprit qui découle d’un principe fondamental qui conditionne ma pratique : JE n’ai pas LA solution, c’est mon client qui l’a, JE n’ai rien à prouver, ni même mon professionnalisme, ni au coaché, ni à moi-même. Le professionnalisme ne se prouve pas, il se constate par des faits. C’est le client qui conditionne tout ce que je mets en oeuvre, c’est LUI, et lui seul, qui est au centre de mon attention. Et pour moi, tout découle de ce principe simple. Même si je ne me considère pas à la hauteur de la situation, à ce moment précis, mon état d’esprit va me permettre de « rebondir » telle une antilope dite « sauteuse » d’Afrique australe nommée « springbok » le nom choisi des rugbymen sud africains qui font preuve de vivacité (d’agilité) dans leur jeu. Comme quoi… tout se tient.

En capacité permanente de s’adapter en situation et en souplesse à ses attentes qui changent.

L’agilité est bien une capacité. Comme toutes les capacités, elle s’acquière par l’expérience, l’entraînement, l’analyse des victoires et des défaites pour alimenter le progrès continu. C’est en analysant sa rigidité qu’on améliore son agilité. C’est en analysant sa capacité ponctuelle d’adaptation qu’on va trouver un levier d’actions reproductibles dans d’autres situations (les schèmes). C’est le principe de l’entraînement à « la pratique réflexive » dont je parlais ci-dessus.

Photo de Andrea Piacquadio sur Pexels.com

Cette capacité doit être permanente. On n’est pas agile lorsqu’on le décrète. C’est bien un état d’esprit qui habite le coach. Être habité par quelque chose, c’est une raison d’être et d’exister. Mon job de coach n’existe que si mon client est au centre de ma préoccupation permanente, il en découle une exigence de capacité d’agilité permanente.

Pour moi, on mesure la capacité d’agilité par la facilité, la souplesse, la rapidité, l’aisance, la réactivité etc. et donc la facilité d’adaptation à son client. Puisqu’il est unique et au centre de mon attention, c’est à moi coach de m’adapter à lui et non à lui à s’adapter à l’outil ou la méthode que je maîtrise. Et puisque le client va évoluer tout au long de son processus (c’est pour ça qu’il est là, non ?) il peut être amené à changer de demande voire même catégoriquement d’objectif (ça m’est arrivé). Eh bien soit ! Puisqu’il est au centre de mon attention, adaptons-nous à lui s’il change de demande et qu’il y trouve un intérêt. Puisque l’agilité est un état d’esprit, il faut être préparé à ce changement permanent.

Dans une démarche expérientielle, « teste & apprends de tes succès et de tes erreurs. »

Comme je le disais juste au-dessus, l’agilité est une capacité qui s’apprend dans une démarche expérientielle. Je suis tombé quand j’ai appris à faire du vélo, mes genoux s’en souviennent. J’ai mis un sparadrap et hop … c’est reparti. C’est le principe du progrès continu inhérent à l’analyse de pratique permanente de tous les praticiens qui positionnent leur client au centre de leur attention.

En sachant lâcher prise pour un pragmatisme opérationnel au service de mon client.

Et puisque l’agilité est le contraire de la rigidité, en qualité de praticien, je dois savoir lâcher prise. Si je n’ai jamais lâché prise avec un client, je ne fais pas preuve d’agilité. Par exemple, je dois savoir lâcher prise sur un outil que j’affectionne parce que je le maîtrise. Je dois rester ouvert à d’autres outils qui peuvent présenter certes des limites mais aussi des opportunités dont je ne dois pas faire l’économie d’apprentissage. Parce que ce sont ces autres outils qui me seront sans doute utiles pour faire preuve d’agilité lorsque je serai moi-même bloqué. L’agilité est une démarche de remise en cause permanente de ses acquis. Pour moi, l’attention permanente de mon client au centre de mes préoccupations se mesure par le pragmatisme opérationnel dont je fais preuve. Autrement dit, je crée les conditions pour que mon client obtienne des résultats. Ça produit des effets, le client voit les résultats et rebondit, alors je poursuis. Ça ne produit aucun effet, je dois m’adapter et changer de stratégie, de tactique, d’outil, de positionnement de manière à obtenir des résultats opérationnels.

Si ce thème de l’agilité vous interroge, vous les coachs, je vous invite à venir en atelier de professionnalisation EMCC, de manière à interroger « le comment » vous mettez en oeuvre aujourd’hui votre agilité et définir vos axes d’amélioration pour que votre pratique gagne en « souplesse, légèreté, rapidité, aisance de mouvement et d’action, vivacité de réaction physique mais aussi intellectuelle, réactivité face à un événement ou une situation et facilité d’adaptation.« 

Et pour finir. En introduction, je disais que, en étant agile, le coach influence son client. Il l’influence en effet dans son positionnement et non sur le fond. Puisque le coach fait preuve d’agilité lorsqu’il est bloqué, il influencera son client lorsqu’il sera lui-même bloqué, ce qui arrive souvent en coaching. Le lâcher prise est une problématique récurrente en coaching. Plus je serai agile comme coach, plus ce sera facile de le devenir pour mon client. C’est du mimétisme.

Si ce type de contexte d’accompagnement vous « inspire » contactez-moi.

Photo de Tirachard Kumtanom sur Pexels.com

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