Honneur à la vocation du personnel de santé

Cet article a « vocation » à apporter une modeste contribution au personnel de santé. Pour l’avoir vécu, lorsqu’on fait face à des événements importants qui touchent le plus profond de soi, le témoignage d’empathie des autres est d’un grand réconfort et permet de repartir « au combat » en se sentant soutenu. En cette période de pandémie, on ne peut que témoigner d’un profond respect pour le personnel de santé qui font preuve, tous les jours depuis plus de 8 mois, d’une abnégation sans limite pour aider l’ensemble du genre humain à faire face à la COVID-19. On appelle ça « la vocation. » Mais, c’est quoi la vocation ? Ça se traduit comment concrètement ? Y a-t-il d’autres professions où la vocation joue un grand rôle ? C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

Photo de Anna Shvets sur Pexels.com

La vocation, c’est d’abord de croire en ses capacités, ses compétences, ses ressources pour faire face à la situation. Sans se sentir « capable de » sans avoir la maîtrise de ses capacités, sans avoir confiance en soi, il n’y a pas de vocation possible. Mais pour cette première condition, il s’agit bien plus que de la compétence technique. La seule compétence technique n’aboutira pas à la vocation. Il faut en plus du talent. Une définition du talent est la suivante « Un talent, c’est une aptitude innée, naturelle et remarquable à faire avec facilité, et donc plaisir, et qui permet d’exceller dans ce que l’on fait tout en suscitant la gratitude des autres. » Le talent n’est pas donné qu’aux seuls artistes, toutes les professions ont des professionnels de talent, qu’on peut nommer « artistes » parce qu’ils exercent plus qu’un métier. Ce qu’il touche du doigt est de l’art(*). Lorsque vous vous posez la question « Mais comment fait-il aussi bien, facilement et avec plaisir ? » vous avez devant vous un professionnel de talent, quelle que soit sa profession. Le talent, c’est la condition nécessaire à la vocation. Mais pour que ce soit suffisant, il faut d’autres ingrédients.

(*) Le serment d’Hippocrate parle en effet d’art, je cite « … j’exercerai mon art dans l’innocence et la pureté. » Lire ou relire mon article « Exercez-vous un métier ou un art ? » pour faire la différence entre un métier et un art, quelle que soit la profession.

Photo de Gustavo Fring sur Pexels.com

Il faut en plus une voix intérieure. Celle qui appelle au dépassement de soi, au don de soi même, parce que la situation et l’enjeu l’exigent. La voix qui dicte qu’il n’a pas d’autre choix que de faire face à ses responsabilités et relever le challenge. Plus précisément, celle ou celui qui a la vocation entend cet appel et dépasse à la fois ses peurs mais aussi fait passer l’objectif au-dessus de toutes les autres valeurs, parfois jusqu’aux plus intimes valeurs, comme sa famille par exemple. Il faut avoir une sacrée « dose » de vocation pour entrer dans une salle de réanimation avec des dizaines de personnes atteintes de COVID-19 avec la fatigue en plus qui peut, à tous moments, faire vaciller la vigilance pour sa propre sécurité.

Photo de Jonathan Borba sur Pexels.com

La vocation crée aussi une forme de « corporatisme » souvent décrié. C’est comme cela que ceux qui n’ont jamais incarné la vocation appellent « le regroupement des personnes de talents dans un collectif fort. » C’est souvent dans ce collectif fort qu’ils trouvent le réconfort et la compréhension de ce qu’ils vivent au quotidien et de manière répétée au plus profond d’eux. C’est ce collectif fort qui va au secours de celle ou celui qui parfois « flanche » parce que la vocation à ses limites. Les limites de la résistance humaine, physique et psychique. Le collectif compense la baisse de régime ponctuel d’un de ses membres, le temps qu’il refasse le plein de ressources pour repartir au « combat. » Ce n’est pas du « corporatisme » ! C’est vital à la vocation. Ce collectif fort contribue à l’acceptation des contreparties et conséquences de la vocation.

4 siècles avant JC, Aristote donnait cette définition de la vocation « Là où vos talents et les besoins du monde se rencontrent, là se trouve la vocation. » La vocation, c’est donc bien la rencontre du talent avec les besoins du monde auxquels celle ou celui qui en fait preuve répond présent.

Il existe d’autres professions, autres que les professionnels de santé, qui suscitent des vocations. Notamment, toutes les professions qui sont au service du public, comme la production d’énergie électrique, entre autres, domaine que je connais bien. Les dirigeants et les managers savent que celles et ceux qui ont le service au public chevillé au corps ont besoin de 2 choses essentielles. Un très haut niveau de compétences et énormément d’empathie. Des compétences, parce qu’il faut se sentir fort pour ne pas être englué le moment venu avec des difficultés techniques. Et comme celles et ceux qui ont la vocation sont confrontés à ce conflit intérieur constant entre l’appel de la vocation et ses valeurs intimes, ils sont souvent soumis à de fortes émotions qui nécessitent de l’écoute active, de la bienveillance, de la compréhension intime et de l’empathie. Dans ces métiers là, on a surtout besoin de dirigeants et de managers de talents. Le talent de savoir écouter. J’ai eu cette chance inouïe d’en côtoyer plusieurs. Auprès de qui, j’ai humainement beaucoup appris.

Personnels de santé et professionnels au service du public, respect pour ce que vous faites particulièrement en ce moment, dans l’indifférence générale souvent et parfois avec des attaques inqualifiables et injustifiables de personnes qui n’ont jamais connu la vocation. Merci !

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