2ème confinement. A quand le 3ème ?

Aujourd’hui un post lié à la situation actuelle. Vous avez noté le texte de l’affiche gouvernementale qui indique que le confinement a pour objectif de « lutter contre la propagation du virus ». C’était déjà le cas entre Mars et Mai dernier. Qu’en est-il alors de l’application des gestes barrières entre le déconfiment de Mai et le reconfinement d’Octobre ? Ce nouveau reconfinement s’accompagnera d’un déconfinement, c’est sûr. Mais suivant l’avancée des techniques de traitement de ce virus, rien ne nous dit qu’un troisième reconfinement est exclus, si on ne se pose pas la question de l’application individuelle des gestes barrières que l’on soit en confinement ou non. Le reconfinement n’a vocation à lutter efficacement contre la progression du virus que le temps du confinement. Et après ? Et là, chacun de nous, nous sommes concernés par nos comportements.

C’est pourquoi, la situation actuelle m’a conduit à rédiger cet article sur un certain nombre de notions fondamentales à mes yeux, notamment danger, risque, mesure de précaution, règle, rigueur, facteur humain. Pourquoi faire un parallèle entre le reconfinement et ces notions ? C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui. N’hésitez pas à commenter.

Pour moi, je dis bien pour moi, les notions de reconfinement, danger, risque, mesure de précaution, règle, rigueur, facteur humain sont intimement liées. Et lorsque notre président nous dit qu’il faut collectivement faire face à la situation, il nous renvoie individuellement à notre perception individuelle du danger, aux risques que je fais individuellement prendre au collectif si j’applique ou non les règles et / ou la manière dont je les interprète et donc au facteur humain. Je suis persuadé que ce sujet fera débat, parce qu’il touche la liberté individuelle et collective. Où plutôt, ce sujet touche à ce que je privilégie en priorité au regard de l’enjeu. Ma liberté individuelle d’abord ? Ou l’enjeu collectif d’abord parce que j’imagine qu’il aura un impact positif sur l’individuel à terme ? Après le développement de cet article, c’est la conclusion à laquelle j’arrive.

Quelle est la situation aujourd’hui ? La circulation d’un virus inconnu, contagieux dont on n’a pas de traitement efficace et pas de vaccin. Une épidémie qui a fait 35 000 morts en France. Un confinement qui a stoppé l’épidémie. Un déconfinement avec la préconisation de l’application de gestes barrières. Une reprise exponentielle de l’épidémie qui surprend même les pronostiqueurs les plus pessimistes. La nécessité d’un reconfinement dont on imagine qu’il devrait être efficace, comme le premier, après une durée plus ou moins longue en fonction de la précocité ou non de la décision du reconfinement.

Puisqu’on en vient à reconfiner, on peut avancer plusieurs hypothèses. Je mets de coté, « c’est la faute à », c’est à dire le ciblage du responsable de tous les maux, solution facile, souvent utilisée par les démagogues à des fins de prise de pouvoir. Je préfère m’attacher à l’application des mesures barrières qui n’a pas été efficace. Je parle bien de « l’application qui n’a pas été efficace » et non pas « des mesures barrières qui n’ont pas été efficaces ». Les personnels de santé exposés directement et de manière massive au virus se protègent efficacement « grâce à l’application rigoureuse des mesures barrières » et heureusement. Certains personnels de santé se sont néanmoins contaminés, bien sûr, le risque nul n’existe pas. Dans application rigoureuse, j’entends l’application professionnelle des gestes barrières. La reprise de l’épidémie touche la population et non le personnel de santé. C’est donc bien l’application des mesures barrière qui est en cause, à mon sens. Plus précisément, les mesures barrières pas, peu ou mal appliquées entraînent une recirculation active du virus, que le premier confinement avait stoppé.

Photo de cottonbro sur Pexels.com

Cette situation m’amène à introduire plusieurs notions qu’il convient de prendre conscience en premier lieu pour ensuite adapter son comportement au regard de l’enjeu. Ces notions sont :

  • Le danger. Mais, c’est quoi un danger ?
  • Les risques. Mais, quelles différences avec un danger ?
  • Les règles. Pourquoi des règles existent-elles ? A quoi ça sert de les appliquer ? Quelle est la limite d’application ? Quelle limite j’y mets au regard de ma liberté individuelle ?
  • La rigueur d’application des règles. Mais, c’est quoi la rigueur ?
  • Le facteur humain. Que vient faire le facteur humain dans tout cela ?

Commençons par la rigueur. La rigueur, c’est « l’application des règles ». Pourquoi y a-t-il des règles ? Parce qu’au regard de l’exposition au danger qu’on ne peut pas l’éliminer, un risque vital est engagé. L’application de la règle contribue donc à limiter l’exposition au danger et à en limiter les conséquences dans le cas où l’application de la règle n’a pas été suffisante ou mal appliquée. Pour poursuivre sur ce qu’est la rigueur et pourquoi on s’applique à soi-même (ou pas) cette disposition, il faut définir la différence entre un danger et un risque.

Le danger est « ce qui menace l’existence d’une personne« . Le danger touche donc le vital. Aujourd’hui, on peut dire que la COVID-19 est un danger vital ; la preuve 35 000 morts en France en 3 mois d’épidémie début 2020. On peut toujours dire que le danger est faible au regard du résultat, soit 35 000 morts sur 65 millions de français, c’est peu. Mais au regard de l’impact sur la saturation des hôpitaux, sur l’économie du pays, sur l’emploi etc. il faut donc bien ajouter aux « seuls » 35 000 morts, les conséquences réelles sur l’économie du pays, sur l’emploi, sur le budget des ménages, sur la vie sociale etc. Il convient donc d’introduire et définir cette notion de risque qui est différente du danger.

Le risque est « l’éventualité d’un événement qui peut causer un dommage« . C’est une probabilité d’occurrence d’un dommage en fonction de l’exposition au danger. Pour le cas de la COVID-19, c’est la probabilité d’être exposé au danger, au virus donc, qui me fait courir le risque d’être contaminé et de mourir comme 35 000 personnes. Ça, c’est pour l’individuel. Mais pour le collectif, c’est la probabilité de contribuer à la circulation du virus et contribuer à l’exposition collective au virus qui augmente la probabilité de morts, la probabilité de saturation des hôpitaux, aux mesures plus contraignantes qui ont un impact sur l’économie du pays, sur l’emploi, sur le budget des familles, sur la vie sociale etc. et donc à terme sur moi. On a bouclé la boucle. On en revient systématiquement sur un impact individuel.

Revenons alors à la rigueur. Tant que le danger ne peut pas être éliminé, c’est le cas actuellement pour la COVID-19 sans traitement efficace et sans vaccin, le risque d’exposition existe avec toutes les conséquences qu’on vient de citer. Les règles sont donc des mesures de précaution pour soit annuler le risque, soit limiter les conséquences dans le cas où la mesure n’est pas totalement efficace ou qu’elle a été mal appliquée. Par exemple, « la règle consiste à appliquer les gestes barrières ». La rigueur, c’est donc la traduction de comment j’applique la règle soit « comment j’applique les gestes barrières ».

On ne peut pas s’en tenir à cette seule définition de la rigueur « l’application stricte des règles ». Ce serait occulter ce qu’on appelle « le facteur humain ». C’est à dire «  la contribution humaine impliquée dans un événement. » Je m’explique.

Lorsqu’on analyse un événement, par exemple, une personne qui s’est contaminée à la COVID-19, plusieurs cas de figures peuvent illustrer le facteur humain

  • la personne n’a pas appliqué la mesure de précaution volontairement
  • la personne a jugé que dans la situation vécue, l’application de la mesure de précaution n’était pas nécessaire (c’est le cas de « l’acceptation du risque », par « le sentiment de maîtriser individuellement le danger » qui n’est manifestement pas le cas au regard du résultat)
  • la personne a oublié d’appliquer la mesure de précaution. C’est souvent le cas, lorsque la personne applique la mesure de précaution suivant « sa perception de maîtriser le danger ». Autrement dit, elle oublie de l’appliquer parce que son application n’est pas systématique (non application stricte de la règle)
  • la personne a appliqué la mesure de précaution, mais par manque de compétence, elle l’a mal appliqué, elle est donc devenue inefficace face au danger. C’est le cas par exemple, de la réutilisation d’un masque contaminé qui a protégé à la première utilisation, mais qui contamine la personne à la seconde utilisation, après manipulation inappropriée.

Les 3 premières causes du facteur humain touchent l’aspect culturel de « l’application (ou non) des règles ». Sujet que je vais maintenant aborder. A noter qu’au regard des enjeux relatifs aux conséquences, on parle plutôt « d’adhérence aux règles ». Dans « adhérence », il y a la notion de « stricte » application des règles.

Lorsque le risque est vital, il touche alors à un enjeu majeur. La rigueur est l’application des règles à la lettre sans interprétation individuelle, parce qu’un risque vital est engagé. Vital pour sa propre vie, dans les 15 jours à venir ; mais aussi vital pour la vie de celle de celles et ceux qui sont importants pour nous que je peux moi-même contribuer à contaminer parce que je suis asymptomatique ; vital pour l’économie du pays et donc l’emploi et donc MON emploi et donc MON budget personnel et donc au final vital pour MA propre vie sociale.

La rigueur d’application des règles, c’est avant tout un aspect culturel basé sur un système de valeurs. Pour celles et ceux qui connaissent le concept de la Spirale dynamique de Clare Graves, l’évolution de l’homo sapiens c’est faite par niveaux d’existence successifs en alternance entre privilégier les valeurs individuelles ou privilégier les valeurs collectives. Suivant dans quel niveau d’existence la société se trouve, l’application individuelle de la rigueur sera différente soit en privilégiant la liberté individuelle soit en privilégiant le bien-être collectif. Soit on adapte l’application de la règle en fonction de sa sensibilité individuelle, plus ou moins éclairée par une connaissance du sujet. Soit on applique strictement la règle, au détriment peut être de sa liberté individuelle parce que chaque individu a conscience des risques qu’il fait courir au collectif au regard de son comportement individuel. En tout cas, la rigueur ne peut pas être, ne doit pas être l’adaptation des règles en fonction de sa sensibilité individuelle. La rigueur d’application des règles est donc conditionnée à la notion de liberté individuelle qui s’arrête là ou commence celle des autres. Autrement dit, si par manque de rigueur je fais courir des risques au collectif, alors je porte atteinte à la liberté des autres. Les exemples dans d’autres domaines sont multiples. Il existe bien un code de la route que chacun doit appliquer pour sa propre sécurité, mais aussi pour garantir la sécurité des autres. C’est bien pour cela qu’il y a des règles.

En résumé :

  • Si je privilégie l’individuel, alors il existe une variabilité dans l’application de la rigueur et donc je fais prendre des risques au collectif qui rejaillit au final sur l’individuel.
  • Si je privilégie le collectif, en appliquant les règles à la lettre sans aucune interprétation individuelle, alors les résultats collectifs s’améliorent et profitent à terme à l’individuel. Le confinement du mois de mars a démontré l’efficacité des mesures appliquées collectivement.

Autrement dit

  • Si chacun adapte l’application des gestes barrières à sa perception individuelle, les résultats collectifs se dégradent. On doit alors passer par une élévation des mesures de précaution collectives que l’individu considère comme liberticides. Ces mesures ont donc des répercutions encore plus fortes à terme sur l’individu.
  • Si chacun applique les gestes barrières quelle que soit la situation, parce que l’enjeu collectif l’exige, alors chacun participe individuellement à la limitation des risques collectifs, pour en tirer un intérêt individuel à terme.

Ce dernier point illustre une nouvelle fois le concept de Spirale dynamique de Clare Graves. Tous les niveaux d’existence par lesquels l’homo sapiens est passé sont basés sur un aspect temporel. Tous les niveaux d’existence qui privilégient l’individu sont basés sur le bien-être « MAINTENANT », l’immédiateté du bien-être. Tous les niveaux d’existence qui privilégient le collectif sont basés sur « DEMAIN », sur le « sacrifice » individuel « MAINTENANT » pour un bien-être « DEMAIN ». Même si l’ensemble des pays sont tous confrontés au même virus et donc au même danger, force est de constater que les résultats sont différents. On peut toujours dire que c’est grâce ou la faute aux décisions politiques. Mais face à un déconfinement, la vitesse de la recontamination de la population est différente. Il suffit de regarder les résultats des pays européens, la France et l’Allemagne par exemple. Et ça, d’après moi, je dis bien d’après moi, c’est une des causes, sans aucun doute pas la seule cause, du reconfinement. La situation est liée à l’adhérence individuelle aux règles qui est elle-même fonction de la culture de la population.

Dans les êtres vivants ceux qui survivent individuellement ou collectivement sont ceux qui s’adaptent aux situations auxquelles ils sont confrontés. C’est une preuve d’intelligence individuelle ou collective. C’est ce qu’on appelle « l’intelligence individuelle ou collective de la situation ».

La question est posée. Après le second déconfinement, si chacun de nous, nous ne modifions pas nos comportements individuels d’application stricte des gestes barrières, un troisième reconfinement est une certitude en attendant un traitement efficace de la COVID-19 et le vaccin.

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