Chercher à comprendre, une des clés de l’accompagnement

Ce thème est apparu lors d’un partage de pratiques entre coachs, que je vous livre. Notre réflexion est partie du thème sur « le questionnement du coach. » Même si bien évidemment le métier de coach ne se résume pas à « poser des questions » , lorsqu’on est coach primo intervenant, il arrive d’être obnubilé par la recherche de LA BONNE question du coach à poser, celle qui fera mouche chez le (la) cliente, celle qui le (la) fera s’interroger, celle qui l’amènera à lever son blocage comportemental. Si on a cette vision du métier de coach, je « comprends » que cela peut être stressant. Il doit même arriver de ne plus écouter le client, tellement obnubilé par cette quête. Cependant, lorsque le client marque un temps d’arrêt après votre question et vous dit « Ah … bonne question ! » et qu’il se met à chercher sa réponse, avec difficulté certes mais insistance, j’avoue que LA BONNE question est un des indicateurs d’efficacité parmi d’autres. Assurément, le client y est sensible « votre question m’a permis de voir les choses différemment ! Elle m’a fait avancer par l’ouverture du champ des possibles ! »

Mais alors si je ne dois pas être obnubilé par la recherche de LA BONNE question à poser, mais que c’est néanmoins un des bons indicateurs (pas le seul), alors comment je fais pour la trouver cette fameuse BONNE question ? La clé se situe dans l’intention qu’on met à questionner, à savoir, chercher à comprendre. La finalité est de mettre le client à chercher sa solution. C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

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Photo de Andrea Piacquadio sur Pexels.com

Nota : Je vous invite à lire ou relire mon article sur la boucle de progrès continu dans laquelle le verbe « Comprendre » a une place centrale. Observer, Analyser, Comprendre, Agir.

OACA

Si je cherche à poser LA BONNE question ou utiliser l’outil que je maîtrise bien, est-ce pour aider celui que j’accompagne ? En première intention, sans doute. Mais au final, non, je ne l’aide pas. On n’est pas du tout centré sur le (la) client(e), on est centré sur soi, pour lui montrer notre savoir, notre savoir-faire dans le but d’être reconnu comme LE professionnel. Comme accompagnant, je dois « comprendre » – comprendre moi pour le coup – qu’accompagner c’est avant tout s’adapter à l’autre, qu’il s’agisse d’éducation, de management, de coaching ou autre. C’est la raison pour laquelle, la stratégie que j’emploie systématiquement avec mes client(es) est la suivante. Je cherche inlassablement à comprendre mon (ma) client(e). Lorsque j’utilise le questionnement, il est au service de cette intention première, chercher à comprendre pour m’adapter. Je vais m’efforcer de montrer qu’avec cette stratégie, LA BONNE question arrivera, naturellement !

Chercher à comprendre pour moi.

  • Déjà, cela me permet de me détacher de ma vision du monde et de mes jugements. Qu’est-ce qui le (la) pousse à faire ou dire ça ? Même si, compte tenu de mon histoire, je ne « comprends » pas, peu importe ! Il y a une explication, son explication, c’est celle là qui est importante pour lui (elle). Quelles en sont ses propres raisons, du passé, et le sens, pour son futur ? Il y a toujours une logique, sa logique.
  • Et puis, comprendre me permet de mettre de l’intelligence dans le processus, c’est ce qui caractérise l’homo sapiens des animaux. Le mot intelligence vient du latin intelligentia qui veut dire « la capacité à comprendre. » Comprendre à une intention d’action, celle de s’adapter. La capacité à comprendre pour s’adapter, c’est ça l’intelligence. Si je cherche LA BONNE question je suis dans une mécanique de métier. Si je cherche à comprendre pour m’adapter à mon (ma) client(e), j’y mets de l’intelligence.
  • En réalité, je cherche à comprendre ce qu’il (elle) comprend de sa situation pour déterminer la meilleure stratégie d’accompagnement sur le chemin de son objectif. C’est grâce à la compréhension de son fonctionnement, de sa manière de penser et sa vision du monde, qu’on peut adapter alors sa stratégie d’accompagnement à cette spécificité et choisir les outils opportuns. Dans cet état d’esprit, LA BONNE question arrivera naturellement, c’est certain ! Pas besoin de stresser pour la rechercher. Si on cherche à comprendre, on trie ce que nous dit le (la) client(e), on reformule, on corrige alors notre compréhension par les précisions du (de la) client(e) qui se dévoile au fur et à mesure.
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Photo de Engin Akyurt sur Pexels.com
  • On converge irrémédiablement sur des zones d’ombres, des paradoxes, des contradictions même, sans jugement de valeur mais de fait, entre ce que le (la) client(e) veut vraiment et ce qu’il (elle) fait réellement pour l’atteindre. On met alors le doigt sur le blocage et donc sur le lâcher-prise à réaliser. Par exemple « Alors ? On fait quoi ? Vous voulez atteindre votre objectif qui fait sens et manifestement vous êtes bloqué(e). Qu’est-ce qui vous bloque ?  » Il s’en suit souvent la question suivante « Qui est-ce qui vous bloque ? » Parce que c’est souvent le (la) client(e) qui se bloque lui (elle) même, les fameuses croyances limitantes. Même si c’est difficile et que ça lui demande du temps pour y répondre, ça y est ! On la tient LA BONNE question. Juste en appliquant cette posture « chercher à comprendre » , le (la) client(e) a trouvé son blocage à lever et se met à « chercher sa solution » .

Chercher à comprendre pour le (la) client(e).

  • Mettez-vous un instant à la place du (de la) client(e). Chercher à comprendre, lui montre qu’il y a au moins une personne de plus que lui (elle) sur terre qui essaye de comprendre ses difficultés, son impasse parfois. Chercher à comprendre, c’est de nature à créer un espace de confiance qui libère la verbalisation – Mon site s’appelle la confiance en vous, moi en vous et vous en moi – En accompagnement, la confiance, c’est redoutable d’efficacité. On la mérite en cherchant à comprendre son (sa) client(e).

Ficelle

  • Néanmoins, il y a une limite à chercher à comprendre. Lorsqu’on est centré sur cette intention, on tire « la ficelle. » Et parfois on arrive à ce que j’appelle « une boîte fermée à clé. » Et dans ce cas, la clé… le (la) client(e) l’a jetée, parce qu’il (elle) ne veut surtout pas réouvrir cette « satanée » boîte. C’est souvent une blessure mal cicatrisée, douloureuse quand on appuie dessus. Lorsque ça arrive, le (la) client(e) peut être tenté de dire que ce n’est pas forcément le moment, pour y répondre. Alors quoi faire ? On évite LA BONNE question ? Le (la) cliente n’aura pas besoin du coach pour se la poser quand ce sera le BON moment. Finalement, je l’avais LA BONNE question, mais je ne l’ai pas posée, du moins pas au moment où moi je l’avais trouvée. Même sans la poser cette BONNE question, j’ai fait le job, parce que je l’accompagne avec bienveillance en respectant son écologie, tout en l’ayant aidé à mettre le doigt sur la cause profonde. Une fois encore, je l’ai conduit à « chercher sa solution. » 

J’ai transformé « chercher LA BONNE question » en l’aider à « chercher SA BONNE solution. »

Image Entretien Interview 1

Quand on parle de coaching, on fait souvent référence à la maïeutique de Socrate, c’est à dire « l’art de faire accoucher les esprits. » L’intention de « chercher à comprendre » facilite grandement cette finalité, à savoir pour qu’il (elle) se mette à « chercher sa solution. » Si ce type d’accompagnement vous convient, contactez-moi, nous chercherons à comprendre ce qui vous bloque.

Et vous coach, ça vous inspire quoi comme réflexion ? Merci d’avance pour le partage.

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PS : un texte de Soren KIERKEGAARD dans « Le savoir en construction » qui parle de chercher à comprendre comme clé de l’accompagnement.

« Si je veux réussir à accompagner un être vers un but précis, je dois le chercher là où il est et commencer là, justement là. Celui qui ne sait faire cela, se trompe lui-même quand il pense pouvoir aider les autres. Pour aider un être, je dois certainement comprendre plus que lui, mais d’abord comprendre ce qu’il comprend. Si je n’y parviens pas, il ne sert à rien que je sois plus capable et plus savant que lui. Si je désire avant tout montrer ce que je sais, c’est parce que je suis orgueilleux et cherche à être admiré de l’autre plutôt que l’aider. Tout soutien commence avec l’humilité devant celui que je veux accompagner ; et c’est pourquoi je dois comprendre qu’aider n’est pas vouloir maîtriser mais vouloir servir. Si je n’y arrive pas, je ne puis aider l’autre. » 

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