Parents, votre rôle durant le confinement de vos enfants

Nous sommes dans une période inédite de confinement et de distanciation « sociale » pour lutter contre cette pandémie. Puisqu’on touche à la santé, cette situation peut favoriser la peur, le stress, le repli sur soi, la perte de lien « social » etc. Pour nous adultes, c’est déjà difficile, le mot est sans doute faible. Mais pour vos enfants ? Suivant leur stade d’évolution et dans la construction de leur représentation du monde, imaginons un instant ce qu’un confinement durable puisse représenter. A l’évidence, son vécu peut être amplifié ou favorisé suivant notre comportement de parents. Quelle réflexion pouvons-nous avoir sur l’analyse de notre comportement de parents dans une telle circonstance ? Quels seraient les comportements à éviter et à privilégier ? Quel serait notre rôle ? Serait-il finalement différent en temps de crise ? Comment pourrait-on transformer cette situation de menace en challenge ? Histoire de se remettre en action … C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

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Photo de Victoria Borodinova sur Pexels.com

Pour aborder ce thème je vous propose le plan suivant :

  • La distanciation « sociale » et la définition de la santé par l’OMS
  • Rappel de ce qu’est une émotion, de son apparition jusqu’à son expression, les besoins induits
  • Rappel de ce qu’est le stress, ses 3 phases, ses comportements induits, sa gestion
  • Rappel de la mémoire la plus performante, la mémoire émotionnelle
  • Comment accompagner mon enfant dans ce qu’il vit, lui ? Et comment l’accompagner dans cette sortie de confinement ?

Avant de commencer, sachez que, même s’il n’est pas en état de comprendre ce qui se passe parce qu’il ne parle pas encore par exemple, votre enfant est une véritable éponge. Il va ressentir vos émotions, quelles qu’elles soient, les vivre à sa manière avec tous les effets induits associés. Donc, qu’ils soient petits, moyens ou grands, vos enfants attendent de vous, parents, un comportement approprié à la situation, pour ne pas en ajouter a minima, voire pour limiter les effets et jusqu’à en sortir grandi…

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La distanciation « sociale » et la définition de la santé par l’OMS

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Photo de cottonbro sur Pexels.com

Tout d’abord, je vous invite à une réflexion sur cette dénomination de distanciation « sociale. » L’OMS donne cette définition de la santé « la santé, c’est l’état de complet bien-être physique, mental et social qui ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité. » L’OMS parle bien de bien-être « social. » Pour être en bonne santé, il convient donc de garder un lien social. Le but de cette distanciation « sociale » est d’annuler les contacts physiques entre les êtres humains, vecteurs de la propagation de la pandémie. Comme pour vous, vos enfants ont néanmoins besoin de garder un lien « social » pour être en bonne santé, tout en respectant les règles d’absence de contact physique, bien évidemment pour leur santé physique. Alors, veillez à ce que vos enfants gardent ce lien « social » par un moyen ou par un autre, téléphone, internet etc. en prenant soin de garantir leur intimité. Eh oui ! Généralement, les petits secrets se transmettent dans la cour de récréation à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes. Il ne faudrait pas que cette situation soit l’occasion de la reprise en main d’un « contrôle » parental… qui peut s’avérer nécessaire, je l’entends. Mais nous allons voir que ce n’est peut être pas le meilleur moment. La priorité est ailleurs.

Rappel de ce qu’est une émotion, de son apparition jusqu’à son expression, les besoins induits

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Une émotion est une réponse physiologique d’adaptation à un stimulus affectif interne qui engage le cerveau et le corps. C’est un trouble passager, de courte durée qui s’exprime ! Oui, une émotion ça doit s’exprimer. Le mot émotion vient du latin e-movere, un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur. Littéralement, « l’ex-pression » de l’émotion, c’est « sortir la pression » interne qu’a fait monter le stimulus affectif. Si cette pression ne sort pas, elle s’intègre, dans le sens de s’additionner à la précédente pression, jusqu’à exploser (notez le « ex » ) à un moment ou à un autre. Il y a 4 émotions de base la joie, la colère, la tristesse et la peur, avec à chacune des besoins spécifiques et UN besoin commun. Je ne parlerai que de la peur dans notre cas, la peur de déclarer la maladie, la peur de l’avenir etc. A la peur, le besoin spécifique est la protection. Pour satisfaire ce besoin de protection, les adultes ont un devoir de pédagogie pour expliquer aux enfants les moyens de se protéger, avec les mots adaptés au stade de leur développement. Je parle bien de pédagogie, expliquer est une chose, mais il faut s’assurer que le message a été intégré c’est à dire s’assurer de la bonne compréhension de l’enfant et si besoin y apporter des compléments. Le besoin commun à toutes les émotions est la verbalisation. Une émotion étant un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur, il convient de la faire sortir. La mise en mot externe de ses maux internes est un excellent moyen de baisser la pression interne. En pareilles circonstances, les parents doivent favoriser l’expression de leurs enfants.

Rappel de ce qu’est le stress, ses 3 phases, ses comportements induits, sa gestion

Le stress est une réaction naturelle et physiologique à une menace ou une agression quelle soit physique ou psychologique. Il se traduit par des décharges d’hormones dans le sang notamment le cortisol, l’hormone spécifique du stress, et l’adrénaline bien connue pour son effet sur le rythme cardiaque. Ces sécrétions d’hormones sont déclenchées automatiquement par votre cerveau reptilien, le cerveau le plus archaïque, celui des reptiles. Elles provoquent des réactions physiologiques dans le corps. Je vous invite à visualiser la vidéo ci-dessous qui explique succinctement le fonctionnement de votre cerveau sous stress.

Notre cerveau d’homo sapiens est programmé pour l’instinct de survie. C’est son rôle prioritaire qui prend le contrôle de tout le reste, lorsque la menace est perçue comme vitale. Notamment sous stress, votre cerveau inhibe toute réflexion, analyse et comportement raisonné et rationnel parce que la priorité est ailleurs. Cela a pour effet de favoriser 3 comportements automatiques dans cet ordre pour rester en vie, la fuite, la lutte et au final l’inhibition, c’est à dire la paralysie complète. Pour lutter contre le stress, il y a trois grands principes.

  • Le premier principe est de déterminer trois zones. La zone d’impact, c’est ce que je peux faire moi pour me protéger de la menace. La zone d’interférence, ce que je peux faire avec d’autres pour se protéger collectivement de la menace. La zone hors impact, c’est la zone où je n’ai aucune prise sur les événements et sur laquelle je dois trouver, moi, des moyens de me protéger. Faire la part des choses permet de retrouver une réflexion analytique à la menace et limiter le comportement automatique inconscient.
  • Le second principe est le verbe AGIR, AGIR, AGIR, AGIR. Comme le stress paralyse à terme, le fait de se mettre en action pour se protéger permet de ne pas se retrouver dans la dernière phase du stress. C’est en réalité, la mise en action du premier principe ci-dessus. On transforme ainsi la menace en challenge ! Par l’action, on passe d’un stress négatif à un stress de performance. Dans notre cas, l’objectif est d’agir pour se protéger.
  • Et le troisième principe vient des neuro sciences. La réaction corporelle au stress est d’origine hormonale, sa gestion également. Les neuro sciences ont prouvé scientifiquement que la sécrétion d’hormones comme l’ocytocine réduit l’effet du cortisol, l’hormone spécifique du stress. L’ocytocine est l’hormone de l’amour, du plaisir, du lien social. Vous comprenez maintenant pourquoi en début d’article j’ai parlé du bien-être social ! Le maintien du lien social de vos enfants (autre que physique bien sûr !) est essentiel dans la gestion de leur stress. Parents, vous devez y être attentif a minima et l’encourager au mieux (sans lien physique, je le répète). 

Rappel de la mémoire la plus performante, la mémoire émotionnelle

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Je suis sûr que vous vous rappelez exactement où vous étiez et avec qui vous étiez le 11 septembre 2001 lorsque vous avez appris la nouvelle. Alors que c’est parfois difficile de se rappeler d’un numéro de téléphone qu’on vous a communiqué il y a 15mn ! Pour mémoriser quelque chose le cerveau a besoin d’une stratégie d’attention et d’engagement à mémoriser, d’encodage, d’ancrage et de récupération de l’information. Sauf pour la mémoire émotionnelle ! Pourquoi ? C’est simple à comprendre. Le cerveau étant programmé pour l’instinct de survie, tous les événements qui ont conduit à une émotion doivent être mémorisés de manière fiable, notamment l’émotion de peur,  pour éviter de se remettre en danger face à une menace vitale. Pour ça, le cerveau est très performant, parce que c’est vital. Mais cette mémoire émotionnelle vous joue des tours, notamment inconsciemment, dans vos prises de décision. Votre cerveau élimine, à votre insu, des solutions aux décisions à prendre. Un exemple ? Après le 11 septembre, vous avez sans doute trouvé naturellement des solutions alternatives à l’avion pour voyager, non ?

L’après période de pandémie sera sans doute vécue comme l’après 11 septembre, du moins pour celles et ceux qui l’ont vécu. Eh oui, nous avions oublié l’événement de la grippe espagnole, parce que nous ne l’avions pas vécu… Comme vos enfants ont vécu cette pandémie et suivant les émotions vécues, ils vont être marqués à vie. Leurs comportements vont inconsciemment changer. Comment ? Bonne question, je n’ai pas la réponse. Mais c’est bien là-dessus que nous devons faire verbaliser nos enfants (et peut-être nous aussi d’ailleurs…) Qu’est-ce que cet événement va changer dans nos comportements sociaux et relationnels avec les autres ? Pour que nos comportement restent rationnels, il convient de les conscientiser et donc de les verbaliser voire de les confronter aux autres. Confronter dans le sens de les comparer. C’est sans doute le moment de l’aborder, sans attendre le jour où les sorties seront de nouveau autorisées.

Comment accompagner mon enfant dans ce qu’il vit, lui ? Et comment l’accompagner dans cette sortie de confinement ?

Quel est le rôle des parents dans l’éducation qu’ils donnent à leurs enfants ? Notez déjà le verbe « donner », l’éducation est un don ! Un don est inconditionnel par définition, « pour la jouissance de l’autre sans recevoir en retour. » Ne dit-on pas que l’éducation est élever nos enfants ? Notez également le verbe « élever. » L’éducation est un accompagnement pour hisser nos enfants à un niveau supérieur quel que soit le contexte. Notre rôle de parents n’est donc pas différent en situation de crise. Il est plus ou moins difficile, suivant le contexte et notre propre vécu de la crise, j’en conviens. D’où cet article, d’ailleurs ! Avec comme intention, vous donnez des pistes d’actions. AGIR est un excellent remède…

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Photo de Pixabay sur Pexels.com

Qu’il s’agisse de vos enfants ou de vous-même, cette privation de liberté, cette peur vis-à-vis de la santé et de l’avenir, ce stress induit vont se traduire par des problèmes de comportement, c’est inévitable. Il faut y être préparé. Absence d’analyse rationnelle, irritabilité, difficulté à communiquer. Durant cette période de confinement, plus les émotions et le stress seront intériorisés sans expression, plus l’explosion sera forte à un moment ou à un autre et plus elle laissera de traces dans les sentiments à longs termes et dans les croyances qui se seront ancrées à jamais. La première action est l’aide à la verbalisation par l’écoute active. L’écoute active est la création d’un espace de liberté pour écouter sans juger avec respect et empathie, c’est à dire compréhension intime de ce que vit l’autre. C’est à cette condition que la verbalisation sera un excellent moyen de connaître le véritable niveau de ressenti interne de votre enfant. Cet indicateur devra être déterminant dans la profondeur de votre accompagnement. 

La seconde action est de répondre aux questions, dans la mesure du possible, et avec des éléments fiables parce que vérifiés. Nous sommes assaillis de messages sur les réseaux sociaux qui marquent les esprits à long terme, même s’ils sont faux. Ils ajoutent a minima à la confusion et au pire au stress. Il est de votre rôle de parents d’y mettre de la rationalité dans votre accompagnement de la communication de crise.

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Photo de Public Domain Pictures sur Pexels.com

La troisième action est de faire en sorte que votre enfant ressente du plaisir par des témoignages d’amour et d’amitié. Durant le confinement, le maintien du lien social de votre enfant, sans contact physique, avec ceux qui comptent pour lui est essentiel. En complément, le témoignage de votre amour par votre protection est aussi essentiel. Il va falloir accentuer le trait, sans doute plus que de coutume ! L’accompagnement empathique, chaleureux et adapté aux besoins est une preuve d’amour ! C’est un excellent remède physiologique au stress. Par la sécrétion de l’ocytocine, l’hormone de l’amour, vous baisserez alors son niveau de stress. C’est très efficace ! Et comme l’amour appelle l’amour en donnant de l’amour, vous en recevrez. Vous sécréterez, vous aussi, de l’ocytocine et donc baisserez votre stress. Tout bénéfice ! Allez-y sans modération !

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Photo de Andrea Piacquadio sur Pexels.com

Le jeu, du moins ce qui permet d’exprimer de la joie et ressentir du plaisir, est aussi très efficace pour détourner le cerveau de ses propres routines automatiques d’instinct de survie. Il faut combattre l’oisiveté ! A tout prix ! Faire jouer mon enfant, alors que déjà il ne va plus à l’école, vous allez me dire « il ne faudrait pas exagérer ! » Peut être avez-vous remarqué que votre enfant n’a pas ou plus le goût au travail scolaire durant cette période de confinement ? Serait-il devenu subitement fainéant ? Profiterait-il de la situation ? Ou tout simplement, aurait-il des questions vitales sans réponse et des besoins non satisfaits qui feraient passer l’apprentissage au second plan ? Sollicitez votre enfant, allez les chercher ses questions vitales et ses besoins non satisfaits. Les deux actions précédentes ont pour but de répondre aux questions vitales et satisfaire les besoins pour retrouver les conditions favorables à l’apprentissage. 

Lorsque le confinement prendra fin, il est probable que la priorité ne soit pas aux études, mais, là encore, à la verbalisation et à la reconstruction du lien social tel qu’il était auparavant, avec sans doute des contraintes supplémentaires. Sûr que ça va vous perturber ! Quels risques ? Et son passage en classe supérieure, son examen, son concours, son avenir etc. Oui, mais l’avenir se construit sur la bonne gestion du passé et la satisfaction des besoins du présent. Soyez patient ! Et surtout accompagnez les avec amour ! Après avoir protégé leur santé physique, leur santé mentale et leur santé sociale sont sans doute la priorité. Les moyens qu’on met en oeuvre déterminent toujours une bonne partie des résultats obtenus. Les moyens, c’est de votre responsabilité de parents.

Vous aviez des difficultés relationnelles avec votre enfant ou votre adolescent ? Cette période de confinement, ne serait-elle pas à propos pour retrouver a minima, les conditions d’une meilleure relation ? Comment ? Vous avez les réponses juste au-dessus et le contexte s’y prête, vous disposez de temps, de proximité, d’opportunités donc ! Si dans cette période de peur, de stress et de perte de lien social de votre enfant vous ne trouvez pas le moyen de recréer du lien, il est fort probable que cette parenthèse n’ait contribué qu’à amplifier vos difficultés.

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Photo de John-Mark Smith sur Pexels.com

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Cette période ne serait-elle pas finalement une formidable opportunité pour assurer le rôle de parent ? Être disponible, authentique, à l’écoute, à l’apport d’amour et de protection, au soutien, à l’intérêt qu’on leur porte, tout en leur laissant une part de liberté. Qu’il s’agisse d’éducation ou d’accompagnement de type coaching, la Protection et la Permission sont les bases solides pour que celle ou celui qu’on accompagne puisse s’engager avec Puissance. La règle des 3 P.

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Photo de Andrea Piacquadio sur Pexels.com

Se mettre en action pour un objectif qui entre dans nos valeurs prioritaires, l’éducation de nos enfants, est un excellent remède à cette situation. Si c’est suffisamment difficile en recherchant le plaisir, vous allez transformer la menace en challenge. Et ça, ça change tout dans le fonctionnement de votre cerveau. Vous allez activer un neuro transmetteur, la dopamine, un dopant naturel, qui active le circuit de la récompense du cerveau et qui favorise les liaisons neuronales. Votre pensée va naturellement s’éclaircir. De plus, l’augmentation du taux de dopamine dans le sang diminue l’action du cortisol, l’hormone du stress. Bénéfice sur tous les tableaux ! Les sportifs connaissent bien ce principe de stress de performance.

Si vous-même, parents, vous êtes démunis ou en difficultés ou tout simplement interrogatifs pour être plus performants, j’ai ouvert la possibilité d’un flash coaching de 30 mn gratuit et à distance pour vous aider à envisager des pistes de solutions. J’ai aussi ouvert la réalisation d’ateliers collectifs, également gratuits et à distance, sur des thèmes d’actualité la gestion des émotions, la gestion du stress etc. Contactez-moi.

Prenez soin de vous et de ceux qui vous sont chers, notamment vos enfants.

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Photo de Heyday Photism sur Pexels.com

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