Verbaliser mes émotions, je fais comment ?

Dans le domaine des émotions, nous avons des freins culturels qui nous poussent à « masquer nos émotions » . Regardez-vous quand vous riez ou quand vous pleurez, que faites vous ? Vous mettez votre main devant votre bouche. Alors que durant notre éducation, on nous a encouragé à l’éveil de nos 5 sens. Mais on nous a éduqué avec des « Ne pleure pas » , « Tais-toi ! Arrête ta colère » , « Sois fort » , « N’aie pas peur » et quand on est joyeux « Arrête de sauter partout » . Par éducation et conditionnement, adulte, on se prive de nos émotions. On se prive du besoin de les exprimer et donc de les partager. Et le premier moyen de les exprimer et les partager, c’est de les verbaliser. C’est à dire mettre des mots, ses mots à soi, sur ses propres émotions. Nous allons voir aujourd’hui, quels sont les bienfaits de la verbalisation de nos émotions et comment verbaliser une émotion, parce qu’il y a un impact sur les autres.

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Une émotion, c’est une pression interne qui monte en vous et qui doit sortir, sinon elle reste comprimée. A force d’émotions réprimées et contenues, il y aura une goutte d’eau qui fera déborder le vase et l’expression sera explosive. C’est ce que l’on appelle « une réaction émotionnelle » et non une émotion. Quand on est témoin de cela on se dit « Mais quelle mouche l’a piqué ? Je n’ai pourtant rien dit de mal, pourquoi explose-t-il ? » . Verbaliser son émotion, c’est déjà la sortir de soi. La verbalisation favorise l’expression de l’émotion (EX-PRESSION, littéralement « sortir la pression » interne générée par l’émotion). Verbaliser son émotion, c’est aussi y mettre des mots et donc mettre de la distance sur le ressenti qui suit l’émotion. Le cerveau humain est ainsi fait qu’il ancre d’autant mieux les événements en mémoire qu’ils sont associés à une émotion. En verbalisant, on sélectionne les éléments de mise en mémoire à long terme, ce que finalement on en retient par l’analyse et le raisonnement rationnel. On passe alors du cerveau limbique, siège des émotions, au néo cortex, siège du raisonnement analytique. Cela évite une mise en mémoire d’éléments bruts purement émotionnels qui peuvent ensuite fausser le processus décisionnel à venir, parce que, justement, la décision se base sur la mémoire à long terme et les émotions mémorisées. C’est souvent pour cela qu’on éprouve des peurs à décider. Inconsciemment, notre cerveau nous pousse à ne pas reproduire la même situation, pour ne surtout pas revivre la même émotion. C’est un phénomène naturel de protection, issu de l’instinct de survie pour lequel notre cerveau est programmé. Lire l’article sur le lien entre décision et émotion.

Mettre des mots sur son émotion, c’est aussi mieux comprendre sa justification, son origine provenant de son éducation, sa culture, son expérience, sa blessure de l’enfance. C’est donc mieux se connaître. Verbaliser son émotion, c’est lui donner vie, c’est lui rendre sa légitimité. Oui, votre émotion est légitime puisqu’elle a pris naissance dans ce qui est au plus profond de vous !

Plus vous exprimerez vos émotions, plus vous les comprendrez et plus vous repèrerez leur émergence en situation. Il vous sera alors plus facile de gérer non pas l’émotion mais la situation. Vous aurez reconnu, compris, accepté votre émotion. Il ne restera plus qu’à l’accueillir en situation et l’exprimer en la verbalisant. Mais comment la verbaliser ? Parce que la verbaliser impacte les autres, suivant comment je m’y prends et quels mots j’utilise. Et lorsque je verbalise ma colère, par exemple, n’y a-t-il pas un risque d’escalade ?

Imaginez la situation, quelqu’un vous parle et utilise des mots blessants à votre égard. La colère monte en vous, la pression monte, et spontanément vous exprimez votre colère en réaction, vous lâchez la soupape de sécurité. Vous utilisez les mêmes armes que lui, des mots blessants. Vous vous êtes fait plaisir, il n’a que ce qu’il mérite. Puis, vous imaginez qu’il sera difficile de reprendre une autre discussion avec lui, sans repenser à cette situation teintée d’émotion. Vous pensez ensuite que vos mots ont dépassé votre pensée, sous le feu de la colère. Un sentiment de mal être s’instaure. Vous avez ressenti de la tristesse à cause de mots blessants vous concernant, mais vous avez exprimé et verbalisé de la colère. Alors, on fait quoi, là ? Comment l’exprimer cette émotion, pour qu’il y ait un après ?

Dans ce cas précis de la colère après une agression verbale, on souhaiterait exprimer en réalité un besoin d’être respecté et compris. Si on renchérit, l’autre aussi aura besoin d’être respecté et compris, c’est normal. C’est l’engrenage, sans issue. Autant exprimer ce que l’on ressent en utilisant le « JE » « JE suis blessé par tes propos » plutôt que le « TU me blesses » qui culpabilise l’autre. Exprimez lui ensuite votre besoin « JE suis en colère, parce que J‘ai besoin d’être respecté » « Et pour mieux me faire comprendre, voici ce que J‘ai à dire … » En réagissant de la sorte, à coup sûr l’autre sera surpris de ne pas avoir suscité un retour agressif et une riposte de votre part envers lui. Son amorce de combat n’a eu aucune prise. En exprimant ce dont vous avez besoin, plutôt que de placer l’autre en position d’agressé, vous le positionnez en position de responsable de la non satisfaction de votre besoin. Suivant l’interlocuteur, soit il veut néanmoins conserver une relation avec vous, a minima il reviendra dans un registre moins agressif. Soit il est fermé à la discussion et dans ce cas, vous le laisserez à son état d’esprit. Ses propos n’auront plus de prise sur vous. S’il a besoin d’y revenir, puisque l’agression ne fonctionne pas, il sera bien obligé de trouver une autre stratégie. La balle est dans son camp ! Et vous, vous êtes protégé de cette agression, plutôt que d’avoir intégré et contenu de la pression interne qui, de toutes façons, sortira un jour ou l’autre. Autant, sortir cette pression en maîtrisant son expression.

J’ai pris l’exemple de la colère mais pour les autres émotions, tristesse et peur, c’est la même chose. L’idée est de verbaliser ce que « JE » ressens, ce dont J’ai besoin et de le partager. Par exemple « JE ressens une profonde injustice, qui me touche profondément. Alors que J‘aurais besoin d’être réconforté sur ce que je fais de bien, quand même … » En utilisant une Communication Non Violente, vous modifierez le comportement de votre interlocuteur.

Joie

Pour la joie, c’est aussi important de l’exprimer en la verbalisant. En y mettant des mots, vous allez ancrer un sentiment de bien être sur lequel vous allez bâtir des croyances aidantes et une envie de recommencer à entreprendre. La joie étant communicative, en la verbalisant, vous allez la communiquer aux autres. Vous bâtissez ainsi un contexte favorable auprès des autres. Si vous êtes manager ou dirigeant, vous allez imprimer un contexte positif au cadre de travail de vos collaborateurs, favorable à leur engagement.

Si vous avez envie de progresser sur votre gestion des situations qui engendrent des émotions, le coaching est adapté, contactez-moi.

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