Pour que tu comprennes tes besoins et puisses y répondre, ex-prime ce que tu ressens

N’avez-vous jamais ressenti un sentiment de mal être, sans savoir ce qui permettrait d’y remédier ? Et ça tourne en boucle dans la tête ! Comme une voie (voix) sans issue ! Alors qu’avec quelqu’un qui pose de « bonnes questions » vous commencez à y voir plus clair, à mettre le doigt sur « ce qui cloche. » Encore faut-il savoir ce qu’est « une bonne question » ! Encore faut-il mettre un nom sur « ce qui cloche » ! Et comment se fait-il que tout seul, avec ses ruminations internes, ça tourne en boucle et qu’en verbalisant, tout s’éclaire. Mettre des mots sur ses émotions et ses sentiments, c’est mettre des mots sur quoi, en fait ? C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

Avant de répondre à ces questions, il convient de revenir à la base du fonctionnement du cerveau humain. Dans sa construction identitaire, dans sa jeunesse donc, on se programme par apprentissage. A son insu, cette programmation provient de son éducation, du conditionnement lié à sa culture familiale et ethnique, de son vécu et de son expérience. Le cerveau engrange des informations, les mémorise, programme alors des comportements en réaction pour se protéger du monde et pour être aimé des autres. Le cerveau ancre des représentations du monde, des croyances et donc des valeurs, ce qui est important pour soi. Tout ceci est totalement non conscient et contribue à ce que chacun de nous devient puis existe et donc se comporte au sein du monde, avec ses talents et ses travers en même temps, mais avec des motivations profondes souvent non conscientes.

A chaque nouvelle situation vécue, la mémoire émotionnelle est activée. C’est la mémoire qui met en relation un événement passé et une émotion associée. Des 5 types de mémoires dont est doté le cerveau, la mémoire émotionnelle est la plus performante. Elle est totalement non consciente aussi. Le cerveau stocke automatiquement, non consciemment donc, un événement qui a provoqué la peur par exemple, pour la prochaine fois être encore plus efficace au cas où la situation se reproduirait. C’est aussi la plus rapide. Sachez que le cerveau limbique, le siège des émotions, réagit 10 fois plus vite que le cerveau néo cortex, celui qui raisonne. C’est normal et vital même ! La priorité est à l’instinct de survie, la peur contribue à fuir plutôt que de « perdre du temps » dans un raisonnement qui allonge la durée d’exposition au danger. La capacité de raisonnement du cerveau humain est une formidable opportunité de développement, mais en cas de danger, c’est un gros handicap. L’ordre par lequel les cerveaux reptilien puis limbique puis néo cortex fonctionnent garantit la pérennité de l’espèce. Et ça dure depuis 300 000 ans, tout en étant le seul hominidés qui a subsisté aux néandertaliens et dénisoviens entre autres. C’est donc la preuve de l’efficacité de fonctionnement de notre cerveau d’homo sapiens.

Photo de Andrea Piacquadio sur Pexels.com

La programmation, dont je parlais au-dessus, agit naturellement sans action consciente. On choisit et on décide alors non consciemment. Autrement dit, c’est notre cerveau qui décide souvent non consciemment à notre place. Eh oui ! Monte intérieurement des pressions émotionnelles sans pouvoir les maîtriser. Culturellement, on dit que maîtriser ses émotions, c’est « les contenir en dedans » pour qu’elles ne se voient pas ! C’est maintenir en dedans « la pression« . Ex-térioriser ses émotions, ça ne se fait pas dans notre culture ! Et c’est comme ça que durent des sentiments de mal être et des ruminations qu’on garde en dedans. Et c’est souvent la source d’une vie gâchée. Alors que …

Alors qu’il y a un moyen simple de sortir de cette boucle infernale. La verbalisation, c’est à dire, mettre des mots, à l’oral ou à l’écrit. En verbalisant, on ex-tériorise ce qui est en dedans (« ex » = sortir en latin). En utilisant « l’ex-pression » verbale de l’émotion, on sort ce qui est en dedans (littéralement ex-pression = sortir la pression émotionnelle). Vous comprenez mieux maintenant pourquoi dans le titre il y avait un tiret entre « ex-prime.« 

Mais quel est l’intérêt de la verbalisation orale ou écrite ? Je vais commencer par la verbalisation orale.

Lorsqu’on pense, lorsqu’on réfléchit dans sa tête, lorsqu’on rumine, on ne fait fonctionner qu’une seule partie du cerveau et on boucle. Impossible d’avancer. Par contre, quand on doit s’exprimer, on doit choisir un mot qui caractérise sa pensée, on l’évoque, on l’entend, si l’autre répète ce qu’on dit, on ré-entend ce qu’on vient de dire, on raisonne etc. autant d’endroits différents du cerveau qui interagissent. Et c’est à partir de cette interaction entre divers endroits du cerveau qu’on commence à faire des liens. Des liens entre ce qu’on pense ou ressent et l’origine de ses pensées ou ressentis. C’est à dire qu’on commence à prendre conscience que ses sentiments et émotions ont pris naissance à partir de son vécu, de son expérience, de son éducation, de ses valeurs, de ses croyances etc. Et donc, on se connecte alors à ses besoins, c’est à dire ce qui est vital à notre vie. Qu’il s’agisse de besoins physiologiques, boire, manger, s’abriter, ou de besoins psychologiques, de protection, d’amour, d’accomplissement. En introduction je parlais de « ce qui cloche. » Ce qui cloche, c’est le manque de satisfaction de ses besoins. L’homo sapiens marche au besoin. En verbalisant, on prend conscience du manque de satisfaction de ses besoins, ce qui crée la motivation à agir pour y remédier. La verbalisation a donc comme intérêt de contribuer à agir grâce à ce processus interne au cerveau humain. Et si vous n’avez pas la chance d’avoir quelqu’un en face de vous qui vous pose de « bonnes questions » , choisissez l’écriture.

En couchant sur le papier le fruit de vos réflexions, vous ferez alors le même processus qu’oralement. Vous aurez à choisir le mot qui traduit le mieux votre pensée, vous écrirez, vous relirez et analyserez ce que vous avez écrit, vous actionnerez aussi plusieurs endroits du cerveau, de quoi faire des liens propices à l’émergence du besoin non satisfait.

Mais alors c’est quoi une bonne question ? Lorsqu’on pose une question et que l’interlocuteur répond spontanément sans temps d’attente, c’est généralement une réponse issue d’un raisonnement « prémâché » qui s’appuie sur une croyance aidante ou limitante.

Une « bonne » question, c’est une question à laquelle l’interlocuteur n’a, a priori, pas de réponse spontanée ET à laquelle il exprime le besoin d’y répondre. En séance de coaching, c’est assez facile à observer si la question du coach est « bonne » ou pas. Il m’est arrivé que le client me dise « Oulà … bonne question ! » Mais il y a d’autres indicateurs. Lorsque vous perdez le regard de votre client, comme s’il devait aller chercher la réponse au plafond, au sol, sur le mur à gauche ou à droite, avec la bouche ouverte, comme si les mots ne sortaient plus, c’est assurément une question qui n’a pas de réponse spontanée. Si en plus, manifestement, le client marque un temps, une respiration, c’est qu’il est en train de se connecter à lui-même. Il vient de se connecter à un besoin. Le besoin de trouver une réponse à un manque. C’est comme cela que nait la motivation, la prise de conscience d’un manque de satisfaction d’un besoin. A ces 2 conditions, c’est assurément « une bonne question » qui aide le client à avancer dans son cheminement.

Photo de Tirachard Kumtanom sur Pexels.com

Pour aider celui qui cherche ses besoins, le coach doit chercher à comprendre son client. C’est en cherchant à comprendre son client, qu’il l’aide à se comprendre lui-même et donc à ce connecter à ses besoins. Une fois connecté à ses besoins, c’est gagné ! Puisque c’est un besoin, l’identification d’un manque est acquise, le client se mobilisera pour le combler. Pas besoin de lui donner de conseil, il trouvera lui-même ses réponses grâce à sa motivation. C’est pour ça que Socrate disait « les gens qu’on interroge, pourvu qu’on les interroge bien, trouvent d’eux-mêmes les bonnes réponses. » C’est en posant ce que j’appelle « une bonne question » définie plus haut qu’on les interroge bien.

Si vous voulez vous connecter à vos besoins et y répondre, contactez-moi. Je vous aiderai à verbaliser ce que vous ressentez.

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