L’estime de soi pousse à préférer les flatteurs

Denis Diderot disait « On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte et l’on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère. » Que dites-vous de ça ? En effet, on préfèrerait une flatterie appuyée, exagérée même sur une de nos qualités, une compétence, un talent. Alors qu’une remarque est difficilement entendable. Même si c’est le reflet de la réalité d’un point à améliorer de notre personnalité. Notez que, contrairement à Diderot, j’ai parlé de « réalité » pas de « vérité » qui serait entachée d’un jugement de valeur. A quoi c’est dû ? A l’importance que j’attache au regard des autres ? Certains profils de personnalités seraient-ils plus réceptifs « au regard des autres » ? D’ailleurs, est-ce « le regard des autres » dont il est question ou « ma propre perception du regard des autres » ? Sentez-vous la différence ? Ça mériterait de s’y attarder, non ?

Alors, à quoi est due ma préférence à croire les flatteurs et en quoi une autre approche pourrait-elle être bénéfique pour mon développement personnel ? C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

Photo de fauxels sur Pexels.com

Dans les lignes qui vont suivre, je vais aborder l’ennéagramme qui est un outil de développement personnel qui identifie 9 types de profils de personnalité. Cela me permettra de décrire un des mécanismes qui me pousse à croire davantage les flatteurs.

Dans cet article, je vais aussi aborder l’estime de soi. Peut-on en donner une définition simple ? La confiance en soi, c’est se sentir « capable de. » L’estime de soi, c’est se sentir « valable« , dans le sens de se reconnaître « une valeur. » Schématiquement, l’estime de soi a deux composantes qui se sont forgées lors de notre construction identitaire, enfant donc. Ces 2 composantes se sont construites à partir de notre éducation, de l’interprétation de ce qu’on nous a dit enfant, du contexte familial, de la culture familiale, de notre vécu etc. Dans une courte vidéo, je vous invite à découvrir le principe de la construction de l’estime de soi que je développerai ensuite dans le texte qui suit.

Le principe de la construction de l’estime de soi.

Les deux composantes de l’estime de soi sont :

D’une part, l’image que j’ai de moi-même et que je compare à mon idéal pour être en cohérence et à équilibre. Mon idéal provient de ce que je considère être « le bien. » Le bien / le mal, la récompense / la sanction, le paradis / l’enfer, tout cela provient de notre éducation forgée sur des dogmes depuis des milliers d’années. Pour être quelqu’un de « bien« , voilà mon idéal. Et cet idéal forge ce que l’ennéagramme identifie comme « ses motivations profondes » qui conditionnent nos comportements. Des exemples. Le perfectionniste a comme motivation profonde l’excellence dans la perfection. C’est comme ça qu’il imagine être aimé des autres. Il doit montrer qu’il est conforme à la règle que lui imposent les autres. L’altruiste a comme motivation profonde de satisfaire les besoins des autres. C’est comme ça qu’il imagine être aimé des autres. Il y a 9 profils dans l’ennéagramme et 9 types de motivations profondes.

Exemple des profils en essence et en égo du profil compulsif « Perfectionniste »

A partir de mon idéal, je vais me forger une représentation de mon image. Suis-je en conformité avec mon idéal pour que les autres m’aiment ? L’ennéagramme parle de « compulsion. » C’est à dire des comportements compulsifs que j’adopte pour satisfaire mes motivations profondes dans l’intention d’être aimé des autres. Il faut prendre le terme « compulsif » dans le sens de comportements non conscients. Dans ce cas qu’est-ce que j’attends ? A l’évidence, les compliments des autres, l’amour des autres en retour de mes comportements. Dans mon enfance, je me suis programmé comme ça. J’ai donc une sensibilité particulière à entendre le « bien » qu’on dit de moi. C’est ce que je cherche, non consciemment. A l’inverse, une simple remarque sur ce que je fais aura un goût « amer » comme disait Denis Diderot. L’ennéagramme nous dit que dans le cas de l’absence de satisfaction de nos motivations profondes, on bascule dans un autre profil de personnalité, dans lequel on ne va prendre que « ses travers. » C’est mon profil en « égo. » Mon mal-être. Voir la flèche rouge, dans le schéma ci-dessus.

L’autre composante de l’estime de soi est ma perception du regard des autres. Comprenez bien, je ne parle pas du regard des autres ni de ce que me disent les autres. Je parle de ce que je perçois du regard des autres au travers de mes filtres. Ces filtres proviennent de notre éducation, notre vécu, notre culture etc. je l’ai évoqué plus haut. Si je perçois (encore de la subjectivité) de la sincérité dans les propos, alors ils ont de la « valeur » ! Je satisfais ainsi mes motivations profondes, c’est ce que je cherche. L’ennéagramme nous dit que dans ce cas, on bascule dans un autre profil, dans lequel je ne prendrai que « les talents. » C’est mon profil en « essence. » Mon bien-être. Voir la flèche verte, dans le schéma ci-dessus.

Finalement, la valeur que je m’attribue ne vient que de moi ! Même ce que les autres disent de moi, je le perçois avec MES filtres. L’estime de moi vient donc exclusivement de moi. Non consciemment, j’ai donc plus de facilité à entendre et croire les flatteurs qu’à écouter la réalité. En introduction, j’avais posé une question « Des profils de personnalités seraient-ils plus réceptifs au regard des autres ? » Tous les profils de personnalité sont concernés par cette approche non consciente. Tous les profils de personnalité ont des comportements compulsifs. Ce type d’approche n’est pas une fatalité. C’est le sens du développement personnel. Rendre conscients nos comportements compulsifs et surtout nos travers de manière à se déprogrammer et se reprogrammer. Alors en quoi une autre approche de mon profil de personnalité pourrait m’aider à progresser ?

Nous venons de voir que suivant la valeur que je m’attribue, je peux basculer dans un profil en égo avec ses travers ou dans un profil en essence avec ses talents. C’est donc qu’intrinsèquement, nous avons tous en nous, de l’excellent et du pire en même temps ! C’est une évidence. L’estime de soi n’est donc pas quelque chose de binaire, je suis quelqu’un de bien ou quelqu’un de mal. Je suis quelqu’un de bien ET de mal en même temps. J’ai des travers ET des talents. Et ça, ça change tout !

Le soi-disant « mal » devient alors une opportunité d’améliorer ce que j’ai de « bien. » Si je porte un regard différent sur moi, les autres verrons une modification de mon comportement. Assurément, eux aussi modifieront leur regard sur moi. Je serai alors vu et apprécié comme quelqu’un d’ouvert. Une remarque des autres sera aussi un indicateur de l’écart qui existe entre ma valeur réelle et mon idéal. Une formidable motivation pour engager un travail sur moi et améliorer ce qui doit l’être… pour être aimé des autres ! Je serai alors dans la quête de mon équilibre interne.

En résumé voir « le bien ET le mal » en même temps est un bon entraînement à la pensée positive qui amène de la sérénité pour s’engager vers la voie du progrès continue de sa personnalité. Le coaching est adapté pour vous aider dans cette voie. L’ennéagramme vous apporte la clé spécifique à votre profil de personnalité pour ouvrir la porte de VOTRE voie de progrès. Contactez-moi.

2 commentaires sur “L’estime de soi pousse à préférer les flatteurs

  1. Je m’entraîne souvent à « lâcher prise » et je vois tout différemment. Apprendre à mesurer l’effet de ce que nous pensons avoir une importance dans notre environnement. Apprendre à décider de ne pas faire, quand nous pensons qu’il faut le faire.

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    • Bonjour et merci pour votre commentaire. Bel entraînement ! Oui « le lâcher prise » est à propos pour l’estime de soi ! C’est un des plus difficile parce que « l’ancrage » est profond. Dans ma vidéo d’explication de la construction de l’estime de soi, 2 des 3 branches proviennent de ma construction identitaire, l’idéal de soi et ma perception du regard des autres.
      Lorsque la cause des difficultés de mes client(e)s est ce type de lâcher prise, je suis la stratégie suivante. D’abord, travailler sur l’idéal de soi en lâchant prise momentanément sur un idéal trop élevé à l’évidence tout en faisant abstraction du regard des autres. La bienveillance et l’empathie du coach sont les bienvenus ! Parce que c’est difficile. Il faut ensuite agir, c’est le seul moyen de reconstituer l’image de soi. En se concentrant sur l’action, l’image de soi se reconstruit petit à petit. Il convient de « célébrer » ces petites victoires comme il se doit. Les autres voient de fait un changement et portent un autre regard sur soi. Ce qui améliore « la perception » du regard des autres, de fait. Une fois cet entraînement acquis par une reprogrammation de ses comportements, il ne reste plus qu’à rehausser petit à petit l’idéal de soi.
      Bonne continuation sur votre reprogrammation, c’est la voie du développement personnel.

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