Mon passé n’est pas passé, il demeure. Alors, j’en fais quoi ?

Le passé demeure, disait Bergson. Oui, il demeure en soi, puisque c’est le passé qui explique ce qu’on est devenu aujourd’hui. Le contexte de notre éducation, la culture dans laquelle on a été baigné, notre expérience de vie, tout cela modèle notre personnalité. Ainsi, le passé vit pleinement en soi, particulièrement non consciemment. Parce que c’est dans le passé que j’ai appris, que je me suis conditionné à agir et réagir, et qu’aujourd’hui, par auto-programmation, je pense comme ci ou comme ça, que j’agis comme ci ou comme ça. Et donc si je ne prends pas garde de cela, puisque mes décisions vont être conditionnées à ma manière de penser et d’agir, c’est mon passé qui va conditionner non consciemment mon futur. Autrement dit, si je ne suis pas conscient de mon passé, je ne suis pas maître de mon avenir et donc de mon devenir.

Il faut néanmoins distinguer ce qui dans le passé est un traumatisme et une blessure. Savez-vous en faire la différence ? Notamment, à qui faire appel dans l’un ou l’autre cas ? Un psychologue ou un coach ? Et puis, comment trier ce qui, dans votre passé, va aider à la construction de votre futur et laisser de côté ce qui vous freine et vous entrave ? Quels sont les outils du coaching qui permettent de prendre conscience de l’impact de votre passé qui demeure dans vos prises de décision ? C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

Qu’est-ce qu’on trouve dans le passé qui conditionne le présent et le futur ? Je l’ai avancé en introduction, les traumatismes et les blessures. Il y a aussi notre contexte éducatif, notre culture. Et puis, tout ce que nous avons vécu d’expérience qui va engendrer des croyances aidantes et des croyances limitantes. Alors abordons tout ce qui nous aide et nous freine en même temps dans notre chemin vers l’avenir. J’aborderai ensuite les outils qui permettent de faire le tri dans tout ça.

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Commençons par les traumatismes. Comme une jambe cassée qui empêche de marcher tant que l’os n’est pas ressoudé, un traumatisme psychologique doit être traité. Je parle de traitement et non d’accompagnement, ce n’est pas du domaine du coaching, mais d’un psychothérapeute. Prenons l’exemple d’un viol. Comme une jambe cassée, on ne peut pas effacer ce traumatisme. Il laisse des traces. Si on ne le traite pas ou on le traite mal, on risque d’en souffrir et boiter toute sa vie. Lorsqu’on on fait appel à un professionnel, il va réduire le traumatisme, de manière à ce qu’il laisse le moins de trace possible dans le présent et le futur. On en garde une cicatrice, une mémoire indélébile, mais on peut continuer à avancer, prudemment certes, de peur de se refaire mal, mais sans que cela soit un handicap à vie.

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Il y a aussi les blessures. Elles sont issues de sa construction identitaire dans l’enfance puis de son expérience de vie. Lors de sa construction identitaire, on ne maîtrise pas le contexte dans lequel on nait. Soit on est l’ainé, qui doit « montrer l’exemple à ses frères et sœurs » soit on est le petit dernier et on comprend assez vite qu’on n’était pas souhaité. On part avec ça sous le bras et on se construit un profil de personnalité, avec une motivation profonde, la même pour tous, « être aimé des autres. » Mais suivant le contexte, on se forge alors une vision du monde. « Pour être aimé des autres » on doit faire comme ci ou comme ça conditionné par le contexte de sa construction identitaire. On développe ainsi des travers et des talents qui vont conditionner le futur. C’est un premier point. Puis, il y a les accidents de la vie, inévitables. Pour gagner une fois, on essaye de nombreuses fois et on perd donc plus souvent que l’on ne gagne. C’est le principe immuable de l’apprentissage. Comme quand on apprend à faire du vélo, on tombe, on met un pansement et on repart. C’est bien parce qu’on est reparti qu’on a appris à faire du vélo sans tomber ! Néanmoins, ça conditionne les coups de pédales qui suivent, parce qu’on va éviter de se retrouver dans la même situation, voire, on hésite à se lancer, parfois même, on s’abstient. C’est ce qui va forger la confiance en soi et l’estime de soi, respectivement, ce qu’on est capable de faire et ce pour quoi on s’attribue de la valeur.

On se forge alors des croyances limitantes du type « j’ai tout raté » et des croyances aidantes « je m’en suis toujours sorti. » Vos expériences de vie, votre confiance en soi, votre estime de soi et vos croyances conditionnent bien évidemment, non consciemment aussi, le futur et c’est du domaine du coaching.

Nous avons abordé 4 éléments qui conditionnent votre futur, traumatismes, blessures, expériences, croyances. Je ne garderai que les 3 derniers puisque les traumatismes sont du domaine de la psychothérapie. Je vais aborder deux outils du coaching qui aident à faire le tri entre ce qui aide à se construire un avenir et ce qui l’entrave.

Tout d’abord un outil qui s’appelle « la ligne de vie. » Je l’utilise systématiquement parce qu’il est un révélateur du passé. Pour le client, c’est l’occasion de « poser sur la table » le fardeau du passé. Le passé n’est plus un fardeau, il devient l’objet de mon analyse. C’est fondamental pour la suite ! Pour le coach, c’est aussi un élément déterminant de la stratégie future d’accompagnement. Bon nombre de fois, j’ai pu mettre en évidence un traumatisme non-traité qu’il a fallu réduire par une psychothérapie avant de poursuivre le processus de coaching. Autrement dit, essayez de courir pour gagner une course, si vous avez une fracture encore ouverte !

La ligne de vie consiste à rebalayer sa vie sur un axe horizontal qui représente le temps passé. Le client y reporte ses événements marquants en portant, rétrospectivement, un jugement de valeur, à savoir, un événement positif ou négatif. Les événements qualifiés de négatifs par le client sont riches d’enseignement pour le coach, car ils déterminent le pourquoi des automatismes, des comportements et des croyances du client ainsi que l’explication des causes de défaillance de la confiance en soi et de l’estime de soi. Néanmoins, on ne s’y attarde pas plus qu’il n’en faut. On privilégie plutôt les événements qualifiés de positifs par le client en lui faisant verbaliser ce qui a conduit à ce résultat positif. Quel contexte ? Quelles personnes présentes ? Quel type de personne présente ? Qu’est-ce que le client a mis en œuvre de capacités, compétences, qualités et surtout talents pour obtenir ce résultat positif ? Pour en arriver à déterminer qu’est-ce qui, dans ces événements positifs, est reproductif aujourd’hui pour que les résultats futurs soient aussi positifs ? Voilà en quoi cet outil de la ligne de vie est déterminant pour faire le tri entre ce qui va aider à la construction de notre futur et laisser de côté ce qui nous freine et nous entrave.

La ligne de vie est aussi déterminante pour déconstruire les croyances limitantes. Je n’en prendrai qu’un exemple. Un jour, une cliente m’a dit « dans ma vie, j’ai tout raté. » « Tout ? » lui ai-je demandé. « Oui ! Tout ! » Je lui ai proposé de faire sa ligne de vie. Au fur et à mesure qu’elle la construisait, il y avait certes des événements très négatifs, mais il y avait autant d’événements positifs. A l’issue de l’exercice, je lui ai reposé la même question « Avez-vous tout raté dans votre vie ? » La réponse a été évidemment toute autre !

Le second outil qui permet de trier le passé, c’est, justement, un outil qui permet de déconstruire les croyances limitantes et d’aller chercher les croyances aidantes. C’est la verbalisation ! La verbalisation de ses croyances. Lorsqu’on pense, on ne parle pas et on fait tourner dans sa tête des idées et on ancre ses croyances. Une fois bien ancrées, il faut y aller au marteau-piqueur pour déconstruire ces croyances limitantes.

Alors que lorsqu’on verbalise ses croyances, on met en évidence des paradoxes. Non seulement on entend ce qu’on dit, et manifestement, il y a un truc qui cloche dans le raisonnement. Mais le coach reformule et répète le raisonnement bancal. Il l’ébranle. C’est la répétition de ce qu’on appelle « la rupture de cohérence » qui entraîne la déconstruction de ses croyances. La cohérence est favorisée par la rumination mentale sans verbaliser. La rupture de cohérence est facilitée par la verbalisation. C’est très puissant, parce que très souvent, la croyance s’effrite toute seule à force de l’ébranler, plus besoin de marteau-piqueur !

Je vous invite à venir en processus de coaching faire le tri de votre passé pour ne prendre que le meilleur et vous construire un avenir évidemment meilleur. Contactez-moi.