Une fois n’est pas coutume, plutôt que de parler des enseignements tirés des processus de coaching de mes clients, je vais vous parler de mon expérience personnelle très récente, sur le thème du lâcher-prise. Cette formulation « accepter l’impuissance » provient d’une amie hypnothérapeute, Florence Cautrès que je remercie au passage pour son aide précieuse, avec qui je partageais mes difficultés personnelles que je rencontrais face à la maladie d’Alzheimer pour un membre très proche de ma famille. Focalisé sur le verbe FAIRE pour tenter de trouver des solutions à une situation qui ne pouvait pas en avoir, j’avais du mal à lâcher-prise. Sa formulation « accepter l’impuissance » fut non seulement une révélation, mais un apaisement. Pour la prise de recul, on a toujours besoin d’une tierce personne, extérieure à notre problématique. C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.
Si mon expérience et vécu peut aider, particulièrement sur l’aide aux personnes qui accompagnent les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, j’en serais ravi.


On connait tous plus ou moins la maladie d’Alzheimer, notamment qui affecte un membre de sa famille. Mais c’était, pour moi, la première fois que j’y étais confronté en qualité d’acteur responsable de la gestion des conséquences sécuritaires pour la personne concernée, en l’occurrence très proche. Très proche, c’est-à-dire avec un lien fort basé sur l’émotionnel et surtout un passif plus qu’un passé, touchant ma propre construction identitaire.
Pour tenter de trouver des solutions à la situation qui visaient la mise en sécurité de la personne concernée, je me suis appuyé, bien évidemment, sur mes compétences de coach. Notamment, en se fixant un objectif, des conditions de réussite, des moyens et une stratégie. Vous aurez, bien évidemment, reconnu le côté « carré » de ma vision du monde. En effet, je me suis aussi basé, naturellement et non consciemment dans un premier temps, je l’avoue, sur mon profil de personnalité 1 de l’ennéagramme, le Perfectionniste. Ce profil donne une vision du monde centrée sur l’action et le verbe FAIRE pour toujours améliorer ce que doit l’être. Pour un perfectionniste, c’est sans fin. Dans ces conditions, on ne peut pas se satisfaire d’une situation insatisfaisante et Dieu sait si la situation insatisfaisante que j’ai vécue présentait plusieurs thématiques complexes. Complexe, donc à dimension humaine, sans « bonne » solution. Et dans le cas de la maladie d’Alzheimer, il ne peut y avoir de situation satisfaisante à terme, puisqu’on traite de totale irrationalité. Il ne peut y avoir de stratégie construite pas à pas, objectif intermédiaire par objectif intermédiaire, puisqu’il n’y a plus de rationalité. Difficile de trouver UNE « bonne » solution parmi toutes les mauvaises.

Je me suis alors trouvé devant un mur. Un mur infranchissable quels que soient les moyens mis en oeuvre. Poussé par l’émotion et malgré l’accompagnement des médecins, psychologues, accompagnants qui eux ont l’habitude de ces situations, je persévérais en vain à tenter d’éradiquer les causes. Alors qu’il fallait accepter les causes, dans le cas de la maladie d’Alzheimer, accepter les causes incurables pour porter son attention sur la gestion des conséquences. À savoir, trouver des solutions pour faire en sorte d’éradiquer les conséquences vitales potentielles et accompagner le changement d’environnement par l’empathie et la bienveillance. C’est en fait ce que j’avais fait, pas par fixation d’objectif et non pas rationnellement. J’avais convergé vers une solution acceptable par la force des choses. J’avais atteint l’objectif raisonnable et je ne le voyais pas par oubli du lâcher-prise. Le cerveau limbique qui gère les émotions génère un écran de fumée au cerveau néo cortex, celui qui gère l’analyse rationnelle. Il me fallait accepter l’incurabilité de la maladie d’Alzheimer sur laquelle on n’a pas de prise. C’est là que la phrase « accepter son impuissance » est venue au service de mon lâcher-prise. J’ai pu mettre de la distance avec mes émotions, facilitant ainsi le lâcher-prise me permettant d’accepter la nouvelle situation qui était, à l’évidence, plus satisfaisante que la situation initiale. Il restait à accompagner les conséquences de la solution raisonnable.
Ce que je retiens de cette expérience, c’est qu’on a tous besoin d’une tierce personne, empathique et bienveillante pour nous aider à ouvrir les yeux. Pas forcément pour nous donner la solution, mais pour nous aider à y voir clair sur ce qu’on cherche finalement au regard de ce qui est raisonnablement possible. Même si l’on est professionnel de l’accompagnement, on a tous le même cerveau qui fonctionne exactement de la même façon. Notre cerveau limbique, qui est particulièrement efficace pour l’instinct de survie, a un revers de la médaille handicapant. Il nous empêche de raisonner. Dans ces conditions, on a tous besoin d’un professionnel de l’accompagnement qui par empathie va comprendre intimement la situation sans en éprouver les émotions générées. Lui peut voir ce que le sujet aux prises avec ses émotions ne peut pas voir. La preuve ! Personnellement, ce fût mon cas. Mais professionnellement aussi, la supervision nous aide, nous coachs, dans la conduite des processus de nos clients, pour prendre le recul nécessaire pour y voir clair. Pensez-y et contactez-moi.

Entièrement d’accord avec toi Christian. Je suis un peu dans la même situation.
Amicalement.
JF
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Merci pour ton commentaire ! Il faut aider les aidants. Il faut accompagner les accompagnants. Sans doute autant et voire plus que ceux qui sont atteints d’Alzheimer. Être confronté à l’irrationalité est une épreuve surtout avec par dessus le lien affectif. Bon courage !
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