Entre climatoscepticisme et climatocatastrophisme, la voie de la sagesse

Introduction

Encore une fois, dans cet article, je vais traiter un sujet sociétal par le prisme de la Spirale Dynamique. Cette approche refuse catégoriquement les dogmes des camps qui s’affrontent, en vain. Elle intègre le niveau de complexité atteint aujourd’hui par Sapiens. Et elle invite, enfin, à la lucidité – à la sagesse(*) même. Nous en aurions bien besoin en ce moment, les sujets sociétaux à enjeu ne manquent pas !

(*) Pourquoi je parle de sagesse ? Parce que la définition de « Homo Sapiens » est « l’hominidé intelligent, sage, raisonnable et prudent. »

Le sujet d’aujourd’hui s’articule autour du dérèglement climatique. Deux dogmes s’affrontent : d’un côté, les climatosceptiques et leur foi dans la consommation à outrance ; de l’autre, les climatocatastrophistes, qui nous prédisent un avenir cataclismique. Dans cette logique, seule la décroissance coercitive sauverait le monde. Une nouvelle croisade entre ces deux visions dogmatiques est vouée, comme les précédentes, à l’impasse.

Comprendre la Spirale Dynamique, c’est disposer d’un outil pour dépasser les impasses existentielles et remettre notre évolution sur les rails. C’est tout le propos de mon livre. En abordant le dérèglement climatique sous cet angle, je souhaite replacer le débat dans une dynamique d’évolution de conscience, au-delà de la simple opposition idéologique. C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

Les extrêmes du débat climatique

D’un côté, nous avons les climatosceptiques qui refusent de croire à l’impact de notre activité humaine sur le climat, à cause de nos émissions de gaz à effet de serre. Ceux-là n’ont que faire des générations futures et continuent de jouir de la satisfaction de leurs besoins individuels, sans compter, au nom du dogme du capitalisme. En contradiction avec les accords des différentes COP et des rapports du GIEC, le retour à l’extraction et l’utilisation des combustibles fossiles aux USA incarne ce climatoscepticisme.

De l’autre côté, nous avons les climatocatastrophistes. Ils nous prédisent la fin du monde pour demain. Par des actions violentes et une croisade contre tout progrès, ils tentent de restreindre la satisfaction de nos besoins individuels au nom de la collapsocratie. Ils prônent l’implosion du monde capitaliste de l’intérieur par la décroissance, pour le paradis terrestre et le bien des générations futures. Ils viennent de créer un nouveau dogme, l’écologisme. Le mouvement Extinction Rébellion incarne cette lutte, y compris par des actions violentes au regard des catastrophes écologiques que cette organisation prédit.

Les croisades religieuses ont pris fin en 1272. Aujourd’hui, 753 ans plus tard, il y a toujours plusieurs Dieux uniques dans la tête des 8 milliards de Sapiens. Comme je le dis dans mon livre, « on pourrait très bien vivre en paix avec ça ! » Les croisades n’ont donc servi à rien.

Aujourd’hui, les croisades ont repris, cette fois entre capitalisme aveugle et écologisme aveuglé.

Les niveaux de conscience en tension

Comme on sait que les croisades ne servent à rien, comment se sortir de cette impasse ? Clare Graves, initiateur de la Spirale Dynamique et en précurseur d’un second cycle d’évolution de l’Humanité, nous montre la voie.

Je vais aborder les couleurs des différents niveaux de conscience relatifs à l’évolution de l’Humanité depuis 100 000 ans. Pour une meilleure compréhension, reportez-vous à mon article qui décrit explicitement le ROUGE, le BLEU, l’ORANGE, le VERT et le JAUNE dans l’ordre d’apparition des niveaux de conscience dans la tête des Sapiens.

Les excès récurrents de Sapiens décrits par la Spirale Dynamique

Dans cette introduction, avez-vous reconnu les crises existentielles vécues durant l’évolution de l’Humanité et décrites par la Spirale Dynamique ? Avez-vous reconnu les excès de l’écologisme VERT, face aux excès du capitalisme ORANGE ? Et les excès des religions monothéistes BLEUES ? Comment peut-on sortir de ces croisades stériles pour débloquer l’évolution de l’humanité ? Clare Graves l’a conceptualisé. On sortira de ces impasses récurrentes, par « un saut majeur de conscience ! » Mais en quoi consiste-t-il ? Que nous dit la Spirale Dynamique ?

Les solutions du passé nous sauveraient-elles de l’impasse des croisades ? Évidemment non !

Faudrait-il appliquer des règles BLEUES strictes ?

Ce serait appliquer les règles du marché ORANGE ou tomber dans un dogmatisme VERT. On retomberait inévitablement dans le combat stérile d’un camp sur l’autre où il doit y avoir un vainqueur sur l’autre. On ne réglerait ni la cause, le capitalisme, c’est-à-dire l’extrémisme ORANGE aveugle, ni l’impasse de notre évolution, la décroissance imposée par l’écologisme, c’est-à-dire l’extrémisme VERT qui aveugle volontairement le peuple. La fin du monde est brandie comme un épouvantail dans le but ultime du grand soir : faire triompher le marxisme sur le capitalisme. Vous aurez noté, que des « ismes » qui s’affrontent. C’est ce que Jean-Paul Oury appelle « la collapsocratie » l’implosion du monde capitaliste de l’intérieur par la décroissance, dans ses livres « Greta a ressuscité Einstein » et « De Gaïa à l’IA.« 

Faudrait-il raisonner ?

Raisonner, ce serait faire appel au niveau de conscience ORANGE. Raisonner, c’est faire marcher ce qu’on a entre les deux oreilles pour satisfaire ses besoins individuels, quoi qu’il en coûte, sur le collectif. Ce serait alors relativiser l’impact du dérèglement climatique et se convaincre que la puissance de notre cerveau et la science vont nous sauver. Ce serait une fuite en avant, un bandeau sur les yeux.

Faudrait-il rechercher un compromis ?

Le niveau de conscience VERT s’est construit sur le retour à la nature bienveillante. Il refuse aussi les discriminations et des inégalités dues au capitalisme extrême. Le VERT prône ainsi l’accueil de la diversité bienveillante.

Comme je le montre dans mon livre, vouloir ne laisser personne sur le bord de la route conduit parfois à un compromis “mou” et à des leaders paralysés par la bienveillance. Or, sans sombrer dans le catastrophisme, l’urgence du dérèglement climatique exige des décisions rapides et courageuses.

Ne pas choisir entre ORANGE ou VERT, c’est faire le saut de conscience JAUNE

Puisque le BLEU mène au ROUGE violent sans issue, puisque l’ORANGE, le VERT et leur confrontation mènent à l’impasse, Clare Graves nous invite à changer de méthode d’évolution de l’Humanité. C’est ce qu’il appelle « un second cycle d’évolution de l’Humanité. » Il nous faut réaliser « un saut majeur de conscience » pour atteindre niveau de conscience JAUNE intégrateur qui consiste à « intégrer en même temps le meilleur de tous les contraires dans une tension créative. » C’est-à-dire intégrer le meilleur de l’ORANGE et le meilleur du VERT, en même temps.

Intégrer le meilleur de l’ORANGE

C’est utiliser notre raisonnement et donc la science, non pas pour uniquement jouir de la satisfaction de nos besoins individuels, là maintenant, mais pour en même temps intégrer le développement durable pour les générations futures. Raisonner de cette manière revient à intégrer le meilleur de l’ORANGE et du VERT, en même temps.

Intégrer le meilleur du VERT

C’est s’assurer de l’absence d’impact de notre activité sur la biodiversité, sur la nature, sur notre planète qui n’a pas de plan B. C’est l’inclusion du développement durable dans toutes innovations. C’est aussi éviter les discriminations, par exemple avec l’inclusion et le respect de la diversité, avec également le commerce équitable. L’extrémisme du VERT prône la décroissance.

Le JAUNE prône l’évolution par le progrès scientifique en intégrant la dimension écologique. Et vous, lecteur, où vous situez-vous ? Entre climatoscepticisme aveugle et climatocatastrophisme aveuglé, seriez-vous prêt porter les lunettes de la Spirale Dynamique ?

Conclusion

Entre climatoscepticisme et climatocatastrophisme, il existe la voie de l’approche systémique JAUNE par l’intégration du meilleur de tous les contraires de manière à sortir de l’impasse actuelle. Lorsque cette intégration sera effective pour une majorité de Sapiens, on pourra appeler à la sagesse globale du niveau de conscience suivant, le TURQUOISE.

Dans mon livre, je décris ce niveau de conscience TURQUOISE en m’appuyant sur un autre concept « la vision intégrale » de Ken Wilber. C’est une vision du niveau ultime de conscience qui consiste à intégrer le meilleur de notre évolution en laissant le pire derrière nous. C’est d’une sagesse planétaire dont il est question. Elle sera fondée sur une approche globale de nos défis existentiels, pour une évolution plus sereine.

Dans mon livre, à partir d’une citation de Ken Wilber, j’introduis la notion suivante. La crise existentielle générée par le climat serait une formidable opportunité pour le nécessaire saut majeur de conscience et enfin faire preuve de sagesse.

« Parce que le fait est, à l’évidence, que la sagesse écologique ne consiste pas à vivre en accord avec la nature, elle consiste à savoir comment les sujets se mettent d’accord sur la manière de vivre avec la nature. » Ken Wilber

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