Quelles sont les menaces les plus dangereuses pour la France : celles provenant de l’extérieur ou de l’intérieur ?

Dans ce blog, je vous parle souvent de la Spirale Dynamique, en référence à mon livre où j’aborde également « la Vision Intégrale » de Ken Wilber. J’y ferai référence aujourd’hui.

Pour aborder la question des menaces pesant sur notre pays, je vais m’appuyer sur un point de la Vision Intégrale de Ken Wilber, qu’il développe dans son livre « Une brève histoire de tout. » Je proposerai également un parallèle avec la médecine, c’est-à-dire les menaces extérieures et intérieures qui perturbent le bon fonctionnement de notre corps et qu’il faut traiter.

Que faut-il craindre le plus ? Les menaces extérieures à la France ? Les États-Unis, qui renforcent leur protectionnisme par des mesures douanières agressives et trahissent le partenariat de défense que nous entretenions avec eux depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ? La Fédération de Russie, qui mène une guerre hybride et s’attaque méthodiquement à notre influence mondiale, notamment en Afrique ? Ou bien les menaces intérieures ? L’extrême gauche et sa révolution permanente, qui sème le chaos à chaque difficulté ? L’extrême droite, qui se nourrit des misères du peuple et généralise les faits divers pour désigner un bouc émissaire à abattre au nom d’un ordre nouveau ? Les menaces intérieures n’ont-elles d’autre but que « d’agiter le peuple avant de s’en servir », comme le disait Talleyrand ? C’est ce que je vous propose d’explorer aujourd’hui.

Les menaces extérieures ressemblent à des virus qui cherchent une brèche chez un individu pour l’infecter et devenir un réservoir de menaces pour d’autres. De proche en proche, ils prolifèrent. On s’en protège collectivement par des mesures barrières, à condition d’agir tous ensemble et dans le même sens. Mais au niveau européen, avons-nous pris la mesure des menaces extérieures incarnées par ces virus impérialistes, marxistes à l’Est et nationalistes à l’Ouest ? Agissons-nous collectivement pour éviter la contagion ?

Passons aux menaces intérieures. Comme l’écrit Ken Wilber dans « Une brève histoire de tout » : « Les menaces intérieures incarnent le cancer d’une organisation. » (1) Elles sont en effet à l’intérieur de nos processus républicains. À l’image d’une cellule cancérueuse qui prolifère en modifiant la programmation génétique, ces menaces agissent sur les processus eux-mêmes pour en détourner les objectifs. Dès que les symptômes d’une mécanique qui se grippe apparaissent, tout s’effondre comme un château de cartes. Les ennemis extérieurs en profitent alors pour achever le travail. Les États-Unis et la Russie exploitent notre faiblesse intérieure. Je l’illustrerai en fin d’article. (2)

C’est ce qui se produit lorsque le cancer a fragilisé les défenses immunitaires. Une fois le diagnostic posé, il ne reste plus qu’un traitement de choc pour soigner l’intérieur, avec des mesures d’isolement vis-à-vis de l’extérieur — comme une chambre stérile pour se protéger des attaques extérieures. Les épreuves sont longues et douloureuses : on y perd ses cheveux, son énergie, et une perte d’espoir est compréhensible. Si la guérison survient, même en rémission, on en sort affaibli. Il faut tout reconstruire, réapprendre à vivre, se renforcer et restaurer ses défenses immunitaires avant de se rouvrir à l’extérieur. Pendant ce temps, les menaces extérieures progressent et se renforcent. En résumé, plus on tarde à traiter le cancer qui ronge la France de l’intérieur, plus on perd de temps et plus on s’expose aux agressions extérieures.

Cette analogie vaut ce qu’elle vaut, je vous l’accorde. Bien que simplificatrice, elle permet de comprendre comment les déséquilibres internes et externes interagissent pour fragiliser un système, qu’il s’agisse d’un organisme ou d’une nation. Son objectif est de souligner que, qu’elles soient extérieures ou intérieures, un pays combat les attaques contre son intégrité par les mêmes mécanismes de défense. Le cancer de la France, ce sont ses mouvements et partis extrémistes, de gauche comme de droite. Ceux-ci sèment soit le chaos pour rebâtir un monde nouveau, soit font du passé un culte — marxiste ou nationaliste — qu’il faudrait maintenir à tout prix. Or, comme chaque extrémisme se revendique de thèses radicales l’une pour la dictature du prolétariat l’autre pour la dictature tout court, et que le marxisme et le nationalisme ont ruiné le XXe siècle, il est prévisible que les mêmes causes produiront les mêmes effets au XXIe siècle. Jusqu’à présent, ni le marxisme ni le nationalisme n’a montré être un modèle de valeurs humanistes de liberté et de droits de l’Homme, chères aux français.

Les menaces intérieures me semblent les plus dangereuses, car, en plus de nous détruire de l’intérieur en foulant nos valeurs, elles nous fragilisent face aux menaces extérieures. À l’inverse, avec des défenses intérieures bien coordonnées et collectivement solidaires, on résiste mieux aux attaques extérieures.

Pour étayer mon propos, voici quelques éléments.

(1) Voici la phrase de Ken Wilber à laquelle je fais référence plus haut : « Un holon qui refuse d’être une partie d’un tout est une maladie pathologique, comme le cancer. » Un holon est une partie d’un tout. Par exemple, un être humain est un holon, car il fait partie de l’Humanité ; un parti politique est un holon, car il est une composante de la société ; la société française est un holon, car elle s’inscrit dans l’Union européenne, etc.

  • L’extrémisme marxiste, qui consiste à s’insoumettre aux lois de la République — ces lois qui fondent une vie en société organisée et un État de droit —, est une maladie pathologique qu’il faut traiter. Sans cela, ce cancer peut ébranler les fondements mêmes de la société. C’est d’ailleurs l’objectif de l’insoumission : déstabiliser la société pour en récolter les fruits. « Celui qui peut régner sur la rue régnera un jour sur l’État, car toute forme de pouvoir politique et de dictature a ses racines dans la rue », disait Joseph Goebbels.
  • L’extrémisme nationaliste qui désigne un responsable unique à tous nos maux — l’étranger, celui qui n’est pas comme nous — conduit aux mêmes solutions radicales que celles employées par la milice ICE aux États-Unis, au détriment des lois et au nom d’une menace vitale imminente.

(2) Dans une vidéo YouTube, Vladimir Poutine est interrogé sur les humiliations infligées par Donald Trump à Emmanuel Macron. Il indique clairement que Trump exploite la faiblesse interne du président Macron pour mieux l’attaquer. Toutefois, en fin stratège avisé, Poutine souligne que l’humiliation extérieure peut produire l’effet inverse de celui recherché : un sursaut interne du peuple français derrière son président, au nom d’une France attaquée de l’extérieur et qui s’unie pour y faire face. Cet exemple confirme une idée simple que j’évoquais plus haut : c’est uni que l’on combat le mieux les menaces externes.

En conclusion, « Agir ensemble pour préserver notre équilibre »

Les menaces qui pèsent sur la France, qu’elles viennent de l’extérieur ou de l’intérieur, ne sont pas une fatalité. Notre pays, en tant que holon au sein de l’Europe et du monde, ne peut se permettre de laisser les divisions internes ou les pressions extérieures le fragiliser durablement.

L’analogie médicale nous enseigne une leçon simple : un organisme affaibli est une proie facile. Pour résister aux virus extérieurs, il faut d’abord soigner le cancer intérieur — ces extrémismes qui, sous couvert de solutions radicales, ne font que reproduire les erreurs du passé. Mais soigner ne signifie pas seulement combattre : cela implique aussi de renforcer nos défenses collectives — notre éducation, notre cohésion sociale, notre capacité à débattre sans nous déchirer.

La France a déjà surmonté des crises bien plus profondes. Son avenir dépendra de sa capacité à transformer ses faiblesses en forces, et ses divisions en opportunités de dialogue. Alors, bon… et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? On continue à opposer un camp contre l’autre, au risque de s’épuiser dans des combats stériles ? 2027, année charnière pour notre pays, sera-t-elle une nouvelle étape de fragmentation, ou l’occasion de prouver que nous savons encore nous rassembler face à l’adversité ? D’ailleurs, les clivages internes, parfois attisés par des influences extérieures voire des ingérences, ne nous détournent-ils pas de l’essentiel : notre pouvoir d’agir, ici et maintenant ? À nous de choisir entre la résignation et la réinvention. L’histoire, après tout, soit elle se répète et on la subit ; soit on la construit, parce qu’on a enfin tiré les leçons du passé.

Alors, en 2027, quelle option choisirons-nous ?

6 commentaires sur “Quelles sont les menaces les plus dangereuses pour la France : celles provenant de l’extérieur ou de l’intérieur ?

  1. Merci Message plus intéressant que ce que j’ai vu récemment sur la chaîne 18…à propos de la peur. Un commentateur politique vient de sortir un livre sur la peur. Je vais essayer de retrouver le titre et l’auteur. Amicalement Jean-Pierre Envoyé depuis mon appareil Galaxy

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  2. Voici les 3 zones sur lesquelles il convient de faire travailler celui qui « souhaite » se séparer de son stress. Oui, on ne fait pas boire un cheval qui n’a pas soif.

    Travail sur 3 zones

    ce sur quoi je peux agir personnellement

         – mes ressources, mes capacités, mes compétences

         – ma préparation, mon entraînement … etc.

    ce sur quoi on peut interagir collectivement

         – mon comportement qui a un impact sur les autres 

         – les missions de chacun qui ont un impact sur moi

         – l’interaction entre les acteurs … etc.

    ce sur quoi je n’ai aucune prise

         – Il faudra alors chercher une protection.

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