Cette semaine à Paris, se sont exprimés le meilleur et le pire en même temps

Cette semaine est une illustration de ce dont est capable l’espèce Sapiens, le pire et le meilleur en même temps. Le pire et le meilleur se sont exprimés cette semaine à Paris. Soulignons le meilleur d’abord, avec la renaissance de Notre Dame qui résulte d’une intégration de ce qui se fait de mieux chez tous les acteurs de la reconstruction de cette cathédrale dont le chantier s’avérait a priori impossible dans une durée de 5 ans. Et puis le pire, en même temps, depuis 4 mois seulement, avec une Assemblée nationale qui pourtant rassemblait toutes les composantes de l’électorat français. On aurait pu en sortir le meilleur. Il n’en est sorti que le pire, un blocage, une impasse, le chaos. Même les partis politiques qui appellent de leur voix la proportionnelle ne sont manifestement pas prêts au dialogue et au compromis qui est pourtant LA donnée d’entrée d’une représentativité à la proportionnelle. À l’évidence, ils sont centrés sur autre chose que le compromis. Ce qu’il s’est passé à l’Assemblée nationale depuis 4 mois est une intégration de ce qui se fait de pire chez tous les acteurs, sans exception, de la reconstruction de la France, qui s’avérait impossible également.

Alors, qu’est-ce qui résulte de l’intégration du meilleur des acteurs ? Et qu’est-ce qui résulte de l’intégration du pire des acteurs ? De ces deux situations, la reconstruction de Notre Dame et de la France, qui paraissaient impossibles à gérer a priori, seule l’émergence du meilleur rend possible l’impossible. C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

Dans cet article, je n’aborderai évidemment pas les causes de l’expression du pire ou du meilleur, mais les conséquences et le résultat de leur expression. Pourquoi ? Pour une raison simple.

  • Quand on recherche les causes de la situation, on regarde le passé. On recherche les responsables de la situation pour les désigner coupables et les faire payer de leurs fautes. On est donc centré sur un besoin de vengeance. On est centré sur les émotions, notamment de colère. Vous allez me dire, les émotions sont le propre de notre espèce, il est légitime de les exprimer. Oui, c’est même nécessaire de les faire exprimer pour mieux les sortir (le « ex » de « ex-pression » sortir la pression) dans un objectif stratégique de s’en débarrasser. Pourquoi ? Sinon, les émotions polluent la phase d’action qui doit suivre. Il faut comprendre le fonctionnement intrinsèque de notre cerveau de chasseur-cueilleur que nous étions encore, il y a 12 000 ans à peine. Les émotions masquent tous raisonnements rationnels qui seraient nécessaires à la gestion de la situation. Donc, exprimer des émotions oui, mais en ayant conscience de s’en débarrasser pour passer à l’action. Quand on est centré sur le besoin de vengeance, on unit ce qu’il y a de pire pour détruire les responsables de la situation.
  • Alors que quand on est centré sur les conséquences de la situation, on prend conscience de ce qu’on a perdu. Nait alors un besoin de reconstruction, pour rétablir la satisfaction de ce qu’on a perdu. Quand on est centré sur le besoin de retrouver ce qu’on a perdu, on unit alors ce qu’il y a de meilleur, pour reconstruire.

L’Homo sapiens marche aux besoins. Ce sont les besoins qui conditionnent ses comportements. Ceux qui connaissent le fonctionnement intrinsèque du cerveau humain que je viens de décrire ci-dessus peuvent alors l’utiliser soit pour servir leur cause, soit pour gérer les conséquences de la situation. Je m’explique.

  • Alimenter le besoin de vengeance conditionne le maintien dans l’expression des émotions. Il est alors facile de manipuler les cerveaux de ceux qui expriment des émotions de colère pour les maintenir dans l’irrationnel. Dans l’irrationnel, il n’y a plus de logique rationnelle par définition. Il n’y a donc plus de limite aux solutions au problème. C’est le propre de ceux qui se réclament des thèses radicales. Tout devient possible, même en dehors des lois, pour lesquelles la logique républicaine voudrait qu’on s’y soumette.
  • Alors que si on fait exprimer les émotions sur ce que la situation a fait perdre, on alimente le besoin de retrouver ce qu’on a perdu et on se met en action. Et pour agir efficacement, on a besoin de rationalité. Après le feu de Notre Dame, la tâche immense qui attendait les acteurs requérait de la rationalité et de la méthode, pas de place aux émotions. À part peut-être l’expression de la joie d’être acteur de la reconstruction de ce qui a été détruit. On pourrait faire exactement le même « raisonnement » pour la reconstruction de la France. Il faut simplement se poser la question de savoir s’il s’agit d’un besoin de vengeance et donc de destruction ou d’un besoin de reconstruire ce qui est détruit.

En résumé, qu’est-ce qui résulte de l’intégration du meilleur des acteurs ? Un besoin de reconstruire.

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Et qu’est-ce qui résulte de l’intégration du pire des acteurs ? Un besoin de vengeance et de destruction.

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Pour le conflit entre Israël et les Palestiniens, on pourrait faire exactement le même raisonnement. D’ailleurs, c’est vrai aussi pour tous les autres conflits en cours. Puisqu’il y a conflit, il y a volonté de détruire l’autre, c’est donc le pire qui s’exprime. Et comme on est dans l’irrationalité, tout est possible, y compris le pire. Surtout le pire et des deux côtés de la ligne de front. L’irrationalité a aussi sa logique. L’expression du pire devient possible. Il n’y a plus de limite. Sapiens l’a montré depuis sa révolution cognitive il y a 100 000 ans, son cerveau est capable d’imaginer les pires atrocités, à l’échelle planétaire. Voulez-vous un exemple ? Le traité de Versailles après la Première Guerre mondiale a été construit sur un besoin de vengeance du côté des vainqueurs. Il a engendré le besoin de vengeance du côté des vaincus qui a débouché sur la Seconde Guerre mondiale. Il y a une logique dans l’irrationalité et dans ce qui résulte de son expression.

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Cette idée du meilleur et du pire en même temps dans l’évolution de l’Humanité émerge du constat de Clare Graves, l’initiateur du concept de la Spirale Dynamique. Dans son étude sociologique rigoureuse, il a établi que, depuis sa révolution cognitive, l’Homo sapiens a évolué au travers de 6 niveaux d’existence successifs. Et à chaque fois, le nouveau niveau d’existence qui émergeait venait régler le pire du niveau d’existence précédent. Il a aussi fait le constat suivant. À chaque fois, le niveau d’existence qui réglait une crise existentielle par l’émergence du meilleur, créait sa propre crise existentielle, par l’émergence du pire en même temps. Clare Graves a donc démontré que Sapiens est capable en même temps du pire et du meilleur. J’imagine que vous voyez donc la logique qui en résulte pour sortir de cette spirale infernale. Clare Graves a établi que pour poursuivre son évolution, Sapiens doit finalement « n’intégrer que le meilleur de tous les contraires dans une tension créative. » Et pour cela, Clare Graves pense que l’Humanité doit faire « un saut majeur de conscience. » Sapiens, que nous sommes, en est capable, la preuve avec le chantier de Notre Dame et tous les miracles dont on ne parle jamais dans presse. Ce n’est qu’une question de besoin.

Si vous voulez en savoir plus, je vous propose mon livre « comprendre la Spirale Dynamique pour mieux l’utiliser » et mon e-learning de 9 vidéos apprenantes d’une durée de 3h, sur la plateforme des outils du coach. Vous pourrez utiliser ce modèle d’évolution de notre espèce qui est aussi un formidable outil d’accompagnement du changement, en éducation des enfants, en management et en politique. L’actualité nous le démontre tous les jours.

Spirale Dynamique