
Nous sommes des animaux communicants. Nous passons nos journées à communiquer, à parler, à accompagner les gestes à la parole pour transmettre des informations. Même si les animaux communiquent aussi, à quoi sert ce « bavardage » spécifique à notre espèce selon le terme employé par Yuval Noah Harari dans son livre « une brève histoire de l’Humanité. » En effet, la plupart du temps, il s’agit plus de banalités que d’informations importantes comme « il fait froid aujourd’hui ! » Finalement, en quoi ces banalités renseignent le destinataire du message ? Les mots utilisés, l’intonation employée et les gestes associés ont-ils une signification ? Ils sont la traduction de vos motivations profondes ! Même si vous n’employez pas le mot approprié, votre intonation et le geste qui l’accompagnent trahissent votre pensée.
Voyez-vous alors l’intérêt de décoder un message transmis ? Je vais vous donner quelques exemples issus de mes observations durant mes séances de coaching. Ces observations sont riches d’enseignements. C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

Commençons par comprendre ce fameux bavardage spécifique à notre espèce. Voilà ce qu’en dit Yuval Noah Harari. Tous les animaux communiquent, les fourmis, les abeilles, les singes, etc. Prenons les singes, comme les bonobos et les chimpanzés qui ont plus de 98% de gènes communs aux nôtres. Ils communiquent aussi. Mais leur communication leur permet d’informer leurs congénères sur d’importantes informations vitales, par exemple sur la présence d’un prédateur. Si on fait entendre le cri d’un singe qui vient de voir un prédateur, toute la colonie remonte dans l’arbre. C’est une preuve que le langage existe chez les animaux. Néanmoins, ils n’ont pas de langage articulé comme le nôtre. Alors pourquoi Sapiens a-t-il développé ce langage articulé qu’il utilise à longueur de journée, souvent pour des informations sans grande importance ?
Contrairement aux singes, Sapiens a développé des armes qu’il a retournées contre ses propres congénères. Il est donc facile pour un Sapiens d’attendre qu’un rival soit endormi pour le tuer sans risque. Par instinct de survie, chez Sapiens, avant de s’endormir, il faut s’assurer que les congénères autour de soi sont des individus sûrs. Un peu comme votre chien qui fait systématiquement un tour complet sur lui-même avant de se coucher, pour s’assurer qu’il n’y a pas d’insecte ou de serpent par exemple, même si c’est la moquette du salon. Le bavardage que l’on pratique toute la journée, sur ce que l’on pense et ressent, permet de distinguer les individus de confiance et ceux pour lesquels il faut se méfier. Chez les singes, le meurtre existe, mais, sans arme, il est risqué. Ce n’est pas toujours l’agresseur qui gagne.

Bref, nous passons notre temps à bavarder, c’est instinctif, dans le sens de l’instinct de survie. Venons-en à l’association des mots, de l’intonation et des gestes sur le message transmis. Celles et ceux qui connaissent la PNL, programmation neuro linguistique, savent que nos messages transmis peuvent être classés en 3 catégories, verbal, paraverbal, non verbal. Le verbal, ce sont les mots que j’utilise. Le paraverbal, c’est l’ensemble associé de l’intonation, du timbre de voix, de sa force, du débit de parole. Le non verbal, comme son nom l’indique, c’est tout le reste, les gestes des mains, des bras, les mimiques du visage, la posture du corps, etc. Ces 3 éléments n’ont pas le même poids chez le récepteur du message. 55% du message est contenu dans le non verbal. Pour vous en convaincre, quand on vous pose une question, froncez les sourcils et gardez le silence ! Cette posture en dit plus à votre interlocuteur que les mots que vous vous apprêtez à prononcer. 38% du message est contenu dans le paraverbal du message. Intuitivement, vous le savez. Vous pouvez utiliser les mêmes mots, ils n’auront pas la même signification si vous criez, si vous chuchotez, si vous enchaînez les mots rapidement ou si vous marquez un temps entre chaque syllabe. Et puis les mots que vous prononcez ne traduisent que 7% seulement de ce que vous pensez. Autrement dit, même si, consciemment, vous choisissez un mot pour éviter, par exemple, de heurter votre interlocuteur, le paraverbal et le non verbal utilisés représentent 93% de votre intention. Il aura compris votre intention. Entre autres, Molière l’avait compris. À ses textes, il associait ses mots à la musique et à la danse, c’est-à-dire, et respectivement, le paraverbal et le non verbal. Par exemple, l’humour utilisé dans les intonations et les gestes permet d’augmenter le caractère ridicule des précieuses.
Alors que faire de tout cela ? Il convient d’être attentif à tous les signaux qui trahissent les motivations profondes de votre interlocuteur. Et qu’est-ce qu’une motivation profonde ? C’est ce qui vous anime. C’est ce qui motive ce que vous dites et vous faites. Sauf si vous avez réalisé un travail sur vous-même, ces motivations profondes sont « non conscientes. » Je n’ai pas dit « inconscientes. » Elles ne sont pas issues de votre instinct, sinon nous aurions tous les mêmes motivations profondes. Non, elles sont issues de votre programmation neuro linguistique ! Votre programmation est issue de votre construction identitaire. C’est l’ennéagramme qui, je pense, permet de mieux décrire ces motivations profondes issues de notre enfance, au travers des 9 blessures de l’enfance, ce qu’on appelle « les psycatrices. » Je vais en donner quelques-unes. Quand on vous rabâche à longueur de journée que vous êtes l’ainé de la fratrie et que vous devriez montrer l’exemple à vos frères et soeurs, cette humiliation répétée vous motive à être exemplaire pour être aimé des autres. Pas étonnant de basculer sur le profil 1 du Perfectionniste. Quand on vous rabâche que vous êtes le petit dernier et que vous êtes arrivé « par accident » cela vous motive à faire plaisir aux autres pour espérer recevoir l’amour qui vous manque. Pas étonnant de basculer sur le profil 2, l’altruiste. Etc. il y a 9 blessures de l’enfance et donc 9 profils de personnalité. Chacun des 9 profils a sa motivation profonde et sa vision du monde.

Chaque message que vous transmettez est teinté de vos motivations profondes. Sachez les repérer ! Parce que cela vous renseigne sur la vision du monde de celle ou celui qui vous parle. Je vais vous en donner des exemples issus des processus de coaching que je réalise.
Lors de sa séance d’accueil de sa demande, une future cliente s’est présentée de la manière suivante, je cite « J’ai fait une grande école de commerce, j’ai fini deuxième de promo, mais vraiment à quelques dixièmes du premier. » Les mots étaient associés à une grimace qui traduisait un agacement prononcé, avec une intonation de colère. J’ai ressenti comme un mal-être, comme s’il manquait la cerise sur le gâteau pour « briller. » Lorsque je lui ai présenté l’ennéagramme pour qu’elle détermine son profil, elle a d’abord refusé de trancher, comme si son profil en ego était trop dur à voir. Pas assez brillant ! Puis, elle a convergé vers le profil 3, le Battant, qui a comme motivation profonde de briller, parce que c’est en brillant qu’il pense attirer l’amour des autres. CQFD !
Encore une fois, lors de sa séance d’accueil de sa demande, un futur client, qui se présentait aux élections municipales, m’a affirmé « Je suis très mal à l’aise, lors des débats avec mes concurrents (notez, pas mes adversaires !) à cause du conflit que cela génère. Je me présente pour incarner le consensus ! » Lorsque nous avons recherché ensemble son profil de personnalité, il a tout de suite convergé vers le profil 9, le Médiateur. Son histoire s’était construite sur le divorce conflictuel de ses parents alors qu’il avait 6 ans. Par définition de l’ennéagramme, le Médiateur « recherche l’harmonie par peur du conflit. » Ça ne s’invente pas ! CQFD !

La semaine dernière, une cliente me décrivait une situation vécue récemment. Elle parlait à son interlocuteur de règles « c’est comme ça ! » en associant le geste à la parole. Comme la photo jointe, les 2 mains signifiant un cadre avec des limites et souligné par un ton teinté d’agacement. Lorsqu’elle a choisi son profil de personnalité, elle a convergé sur le Profil 1 du Perfectionniste qui a pour motivation profonde d’appliquer avec rigueur la règle imposée par les autres. Pourquoi ? Parce que c’est en étant exemplaire que le Perfectionniste pense être aimé des autres. C’est sa vision du monde. Le Perfectionniste a la colère comme émotion première, parce que ne pas la respecter le met dans un profond inconfort. Il craint que ses erreurs soient démasquées. CQFD !
Nous sommes des animaux communicants. Les intonations et postures associées aux mots que l’on prononce en disent long sur notre vision du monde et nos intentions. Venez en prendre conscience en processus de coaching. C’est riche d’enseignement sur votre comportement et celui de celles et ceux avec qui vous communiquez. Contactez-moi
